Vers la Sainteté

CHAPITRE IX

Déperdition de la force spirituelle

Un homme de Dieu, rempli d’amour pour les âmes, James Caughey, raconte dans un de ses ouvrages comment, ayant été un jour invité à prendre le thé, et ayant dû prendre part à la conversation, lors même qu’elle n’offrit rien de répréhensible, il s’était senti à l’heure de la réunion comme un arc détendu. Il ne put faire pénétrer les flèches de l’Éternel dans le cœur de Ses ennemis, car il avait perdu sa puissance dans cette causerie inutile.

J’ai connu un officier qui laissait sa force spirituelle s’écouler peu à peu au point de devenir comme un os desséché au moment de la réunion. Voici comment cela se produisait. Nous avions environ trois kilomètres à parcourir pour nous rendre à la salle de réunion et pendant le trajet il ne cessait de parler de choses sans rapport avec la réunion prochaine. Il n’y avait sans doute rien de mauvais ni de frivole dans ses discours, mais ils l’éloignaient du but ; ils détournaient son esprit de l’Éternel et des âmes en face desquelles il allait se trouver pour les conjurer d’être réconciliées avec Dieu ; il en résultait qu’au lieu de se présenter devant l’auditoire revêtu de puissance, il en était au contraire dépouillé. Je me rappelle parfaitement ces réunions. Sa prière était bonne, mais sans force ; c’étaient des mots, des mots, des mots ! La lecture de la Bible et l’allocution étaient bonnes également ; il disait des choses vraies et excellentes, mais qui restaient sans effet. Les soldats paraissaient indifférents, les pécheurs insouciants et endormis, et la réunion restait sans résultats. Or, cet officier n’était pas un rétrograde, il ne manquait ni d’expérience ni de moyens ; il était au contraire un des plus brillants et des plus intelligents de ma connaissance. Le malheur est qu’au lieu de garder le silence en se rendant à la réunion et de demeurer en communion avec Dieu jusqu’à ce que son âme fût enflammée de foi, d’espérance et d’amour. il gaspillait sa force en vain bavardage. Dieu dit : « Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. »

Cet officier aurait pu se rendre à la réunion plein de force, sa bouche aurait pu être pour ses auditeurs comme celle de Dieu même, sa parole, « semblable à une épée à deux tranchants, pénétrant jusqu’aux jointures et à la mœlle », et au lieu de cela, il restait impuissant comme Samson quand ses cheveux eurent été coupés par Dalilah.

Il y a ainsi bien des manières de laisser se perdre la force spirituelle. J’ai connu un soldat qui chaque soir accourait de bonne heure à la salle, mais qui au lieu de se préparer à la réunion, passait son temps à jouer du violon et à en tirer une musique douce et rêveuse ; bien qu’averti avec amour et fidélité, il continua ses exercices, jusqu’au moment où il rétrograda ouvertement.

J’ai connu des hommes dont la force spirituelle se perdait en plaisanteries. Ils se plaisaient à raconter des histoires amusantes et à faire de l’esprit pour égayer les autres. L’on s’amusait, l’animation ne faisait pas défaut, mais cette animation-là n’avait rien de divin. Je ne veux pas dire cependant qu’un homme rempli de la force de l’Esprit ne doive jamais provoquer le rire ; il peut dire les choses les plus amusantes, mais il doit les dire en temps voulu ; elles doivent venir naturellement et être exprimées dans la crainte de Dieu et non dans un esprit de pure plaisanterie.

Celui qui, dans une réunion, désire avoir de la vie et de la force doit se rappeler que rien ne peut remplacer le Saint-Esprit. Il est la vie, Il est la force, et si on le cherche dans une prière intense et sincère, Il vient, et sa présence rend la plus petite réunion féconde en résultats. Il faut le rechercher avec ferveur, dans une prière ardente et secrète. Jésus a dit : « Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père en secret, et ton Père qui voit dans le secret te récompensera. » – Il l’a dit et le fera ; que Son saint nom soit béni !

Je connais un homme qui, si possible, se retire auprès de Dieu une heure avant chaque réunion, aussi quand il parle, est-ce avec la force du Saint-Esprit. L’homme qui veut avoir la puissance au moment précis où il en a besoin doit marcher avec Dieu. Il doit être ami de Dieu et maintenir une voie toujours ouverte entre son cœur et Dieu. Dieu sera l’Ami d’un tel homme et Il le bénira et l’honorera. Dieu lui révélera ses secrets ; Il lui enseignera à trouver le chemin des cœurs ; Il éclairera pour lui les ténèbres, et aplanira sa voie. Dieu se tiendra à ses côtés pour lui venir en aide. Un tel homme veillera constamment sur sa bouche comme sur son cœur. David disait « "Éternel, mets une garde à ma bouche », et Salomon : « Veille sur la porte de mes lèvres ! »

Garde ton cœur plus que toute autre chose,
Car de lui viennent les sources de la vie.

Il doit marcher avec Dieu dans une communion ininterrompue et garder la joyeuse assurance qu’il est toujours en Sa présence : « Réjouis-toi en l’Éternel, » dit le Psalmiste. Oh ! qu’heureux est l’homme qui prend son plaisir en l’Éternel, qui n’est jamais seul parce qu’il connaît Dieu, lui parle et se réjouit en Lui ; qui sent combien Dieu est aimable et se donne à Lui pour L’aimer, Le servir et se confier à Lui de tout son cœur !

Camarade : « n’éteins pas l’Esprit » et Il t’amènera ainsi à connaître et à aimer Dieu, et Dieu fera de toi un instrument de Sa puissance.

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