Lettres aux chrétiens persécutés ou affligés

A William Dalglish
ministre du saint-évangile

Preuves de l’amour de Christ.
Comment on doit se confier en la Providence.

Aberdeen

Cher et honoré frère,

Que la grâce et la miséricorde soient sur vous. Tout va bien pour moi. Jamais mon Seigneur Jésus n’a été aussi bon à mon égard qu’Il l’est maintenant. Il daigne s’asseoir à la table de son serviteur captif, et lui servir, dans son amour, les mets qu’il juge le plus convenables. C’est en mettant cet amour à l’épreuve qu’on en reconnaît les charitables effets, nous ne le connaissons pas parce que nous n’en usons pas. Je compte bien plus sur les souffrances de mon Sauveur que sur toute la vaine gloire de ce monde paré et doré. C’est à peine si j’ose parler des faveurs qui m’ont été accordées : joie de Christ contre mes peines ; douce paix avec Lui au lieu de mes afflictions. Mon frère, c’est pour la sainte cause de la vérité que je souffre aujourd’hui. Il a soulagé mes douleurs par sa précieuse présence. Ses témoignages ne sont ni obscurs, ni trompeurs, ils ne confirment point de vaines imaginations. En avant donc, mon cher frère, reposez-vous sur la force du Seigneur, ne craignez point « qu’il soit fils d’homme pour mentir, ni homme pour se repentir » (Nombres 23.19).

La Providence a mille moyens pour opérer la délivrance des siens réduits à quelque grande extrémité. Soyons fidèles et laissons Christ agir. A nous le devoir, à Lui la direction des événements. Ne discutons point avec la Providence divine et ne lui demandons point raison de ses motifs ni du résultat de ses intentions. Ce sont choses dont nous n’avons pas à nous mêler, elles appartiennent au Tout-Puissant, c’est Lui qui seul peut diriger la barre de son gouvernail. Quant à nous, ce qu’il nous importe, c’est de savoir s’Il nous approuvera et comment nous pourrons amener notre âme débile à s’appuyer sur un Dieu qui sait toutes choses. Mais après avoir fait tout ce qui dépendait de nous, si nous n’avons pu réussir, ce ne sera ni un péché, ni une croix. Souvenez-vous, mon frère, des paroles du Seigneur à Pierre : « Simon, m’aimes-tu ? Pais mes agneaux. » Nous ne saurions pas donner un plus grand témoignage de notre amour pour Christ que de paître fidèlement ses agneaux au sein des difficultés.

Ma position auprès des ministres du voisinage ne s’est point améliorée ; ils ne peuvent supporter que personne s’occupe de moi. Je suis donc réduit au silence, ce qui est mon plus grand chagrin.

Que la grâce soit avec vous. Votre frère dans les liens.

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