Lettres aux chrétiens persécutés ou affligés

A M. Jergushill

Afflictions.
Preuves de l’alliance avec Christ.
Sa présence est notre secours dans les épreuves.
La communion avec Lui est notre plus pressant besoin.

Aberdeen, 7 mars 1637

  Révérend et bien-aimé ami en notre Seigneur,

Je suis attristé de l’épreuve qui s’appesantit sur votre femme, mais je sais que vous l’acceptez avec la soumission d’un fils qui bénit la verge qui le châtie. Jusqu’à ce que vous atteigniez le ciel, vous essuierez de continuels orages. S’il y a vingt croix réservées pour vous dans les décrets de Dieu, elles se réduiront peu à peu ; la main de Christ sera sur vous, et Il essuiera toute larme de vos yeux. Quant aux souffrances que vous endurez pour la vérité, votre Maître y pourvoira aussi ; laissons-Le agir, à Lui appartient de consoler et de délivrer.

La peur de la croix est pire que la croix elle-même. Je ne puis me taire sur ce que Jésus a fait pour mon âme. Ne m’aiderez-vous pas à le louer, mon cher frère ? L’amour dont je me sens aimé doit être partagé ; et je crains toujours d’en manquer. Je jouis de ses consolations, elles me pénètrent de joie ; mais je voudrais désirer une plus intime communion avec Lui. Je suis bien persuadé que c’est à cause de l’Évangile que je suis appelé à souffrir maintenant. Mon Seigneur en est Lui-même le témoin fidèle, et je désire garder l’empreinte de son sceau jusqu’au jour où Il l’effacera Lui-même. Je défie l’enfer de me l’enlever, car elle est à Christ, et je suis son prisonnier. Cependant, parfois Satan et mes craintes naturelles me représentent Christ comme menteur, comme s’Il me haïssait, mais je n’ose pas croire mal de Lui. J’ai pitié de mes adversaires et suis loin de me plaindre de ce qu’ils sont tranquilles chez eux, tandis que je suis captif. Le Maître n’aurait-Il pas le droit de donner un os à son chien sans que j’en sois offensé ? Mais je me réjouis chaque fois qu’une nacelle brisée aborde au rivage, et de ce que le passager malade est bien reçu par son Maître. Réunissons toutes nos forces, afin de tenir tête à l’orage qui s’approche. Il faut que tout le blé et la balle de l’Ecosse passent au travers du crible de Dieu.

Louez Dieu, louez-le, et priez pour moi, je ne vous oublie pas non plus. Je sais que vous témoignerez, ainsi que moi, votre bienveillante affection à mon frère sous l’épreuve. Donnez-lui vos conseils, soyez bon pour lui. Parlez de moi à votre femme pour la fortifier dans l’amour de Christ ; elle va mieux, elle approche du salut. Hâtez-vous de semer, faites provision de bon grain, dans peu de temps les greniers seront fermés aux enfants de Dieu. Que la grâce soit avec vous. Tout à vous en notre doux Jésus.

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