Par Christ et pour Christ – Repentez-vous

XII. Repentez-vous

Neuchâtel, sur la place du Collège latin, à 8 h. du soir, le lundi 13 mars 1922.

Dès ce moment, Jésus commença à prêcher et à dire :  « Repentez-vous, carle Royaume des Cieux est proche ». Mat. 4.17.

Jean-Baptiste, qui parut avant notre Seigneur pour lui préparer le chemin, commença sa prédication par ces paroles.

Notre Sauveur les reprit, car la chose la plus importante pour un pécheur c'est de se repentir avant de pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Il y a une grande différence entre le Royaume de Dieu et le Royaume des Cieux [1]. On peut devenir membre du Royaume des Cieux par le baptême d'eau, mais pour devenir membre du Royaume de Dieu, nous devons être baptisés du feu du Saint-Esprit, car personne ne peut voir le Royaume de Dieu s'il n'est pas né de nouveau.

Un péché suffit à détruire notre vie spirituelle. Une pierre qui tombe sur la tête d'un homme suffit à le tuer, même si son corps entier est sain. Lorsque les hommes commettent le péché, ils ne croient pas que le péché soit si dangereux ; ils en jouissent sans penser qu'il renferme la destruction et la mort.

Il y a quelques années, je vis un enfant dont la main le démangeait. Il se mit à se gratter. Cette action lui procurait un soulagement momentané, mais bientôt il sentit une forte douleur et commença à pleurer. Il se gratta de plus en plus fort ; bientôt une plaie se forma qui peu à peu atteignit jusqu'à l'os ; l'os fut attaqué et la main dut être coupée. C'était une très petite chose, seulement une maladie de la peau, mais elle atteignit l'os et la main fut perdue. Lorsque nous commençons à pécher, c'est seulement une petite chose, mais si l'âme est attaquée, nous sommes séparés du Christ vivant pour jamais, à cause du péché.

Avant de donner aucun autre message au sujet du Royaume de Dieu, Jean-Baptiste, comme notre Seigneur, commence par prêcher ainsi : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche ». Avant de devenir chrétien, j'étais très fier ; je pensais que je n'avais pas besoin de repentance et que je n'étais pas pécheur du tout ; j'aurais ri, si l'on m'avait dit de me repentir, mais lorsque Christ se révéla à moi, je réalisai que j'étais un pécheur et qu'il était mon Sauveur. Les hommes essaient de trouver de la joie dans les choses de ce monde et ils pèchent, mais l'expérience montre qu'il est impossible de trouver la vie ou la paix ailleurs qu'auprès de Dieu.

Il y a quelques années, je voyageais aux Indes, dans une contrée où il n'y a que du sable et rien d'autre. J'avais soif et je montai sur une éminence pour essayer de voir où il y avait de l'eau. Dans le lointain, le vis ce qui me parut être un lac et je marchai de ce côté pendant longtemps sans jamais l'atteindre. Alors je rencontrai un voyageur qui me demanda ce que je cherchais. De l'eau, lui dis-je. Il n'y a point d'eau dans toute cette contrée, me répondit-il. Et en effet, il n'y avait point d'eau, c'était un mirage. C'est tout juste ainsi que, dans ce monde. les hommes cherchent l'argent et le plaisir et ne sont jamais satisfaits. Les choses de ce monde sont comme un mirage. Elles ne contiennent point d'eau, point de vie spirituelle ; c'est seulement en nous détournant de ce monde pour nous adresser à Dieu que nous pouvons trouver l'eau de la Vie.

L'attraction du péché est si forte que nous sommes incapables de lui résister mais, par la puissance de Dieu, nous pouvons le surmonter. Si vous jetez une pierre en l'air, elle retombe sur le sol. La force de la gravitation l'attire : la terre attire toutes choses à elle. Mais le mois dernier, je me trouvais sur le Mont des Oliviers et la pensée me vint que la terre n'a pas pu attirer notre Sauveur à elle lorsqu'il monta au Ciel. La force de gravitation n'avait pas eu de puissance sur lui. Ceux qui se repentent et croient en Lui, sont affranchis par cette puissance vivante qui est Jésus-Christ lui-même. Toutes les choses de ce monde sont attirées par la terre, mais un petit oiseau peut résister ; il a la vie, il a des ailes, il peut s'envoler ! Nous aussi, nous pouvons nous envoler sur les ailes de la prière et alors le péché ne peut plus nous attirer. Même si nous vivons dans ce monde, nous sommes libérés du péché, parce que nous sommes dans le monde, mais non pas du monde.

Ce monde est comme la mer : l'eau est salée, sans doute, mais les poissons qui vivent dans cette eau ne deviennent jamais salés, parce qu'ils ont la vie en eux-mêmes. Bien que vivant dans le monde, si nous recevons la vie de notre Sauveur, par sa grâce nous serons libérés du péché.

Je parle de cette expérience non pas parce que c'est écrit dans la Bible, mais parce que c'est ma propre expérience. Je ne suis pas ici pour prêcher, mais pour rendre témoignage de ce que Jésus-Christ a fait pour moi. Il peut le faire aussi pour vous, si vous vous repentez et vous convertissez en croyant en Lui. Car je haïssais autrefois Jésus-Christ. J'étais aveugle spirituellement. Je me préparais à écrire des livres contre le christianisme et personne n'aurait jamais pensé que je deviendrais un chrétien ; mais, par la puissance du Christ vivant, je fus changé en quelques minutes. Jamais je n'oublierai ce jour du 16 décembre 1904 où j'avais brûlé la Bible et où mon père me dit : « Pourquoi fais-tu une chose aussi stupide ? » Je répondis : « La religion d'Occident est fausse, nous devons la détruire ». Ainsi, je détruisais la Bible, pensant accomplir un devoir, et trois jours après je vis la puissance du Christ vivant.

Ce jour-là, j'allais me suicider, parce qu'il n'y avait point de paix dans mon cœur. Je m'éveillai de bonne heure le matin. C'était en hiver, et je pris un bain froid. Alors, je commençai à prier, mais non pas le Christ des chrétiens, car je haïssais les chrétiens. je priais comme un athée, car j'avais perdu ma foi en Dieu. Je disais : « Si Dieu existe, qu'Il me montre le chemin du salut et je le servirai toute ma vie ; sinon, je me suiciderai ». Je priai de trois à quatre heures et demie du matin, sans relâche. J'étais décidé à me suicider au passage du train de cinq heures, si je n'avais pas trouvé la paix. C'était ma dernière prière : « Si Dieu existe, qu'Il me montre le chemin du salut ». Alors arriva quelque chose de merveilleux... la chambre se remplit d'une magnifique, d'une glorieuse lumière et je vis un homme resplendissant debout devant moi. Je crus que c'était Bouddha, Krishna ou un autre des Saints que j'avais adorés, lorsque j'entendis ces mots : « Combien de temps encore me persécuteras-tu ? je suis mort pour toi, pour toi j'ai donné ma vie ». Je ne pouvais pas comprendre, je ne pouvais pas dire un seul mot... Alors, je vis les cicatrices du Christ vivant, de ce Christ auquel je pensais comme à un grand homme ayant vécu en Palestine, mort depuis longtemps et disparu, et je découvrais qu'Il est vivant, le Christ vivant, non pas mort et disparu ! Je vis son visage resplendissant de vie. Bien que j'eusse brûlé la Bible deux jours auparavant, Il n'était pas irrité. J'étais transformé et là je connus le Christ vivant, Sauveur du monde et mon cœur fut rempli d'une joie et d'une paix que je ne puis pas décrire. Quand je me relevai, Il avait disparu. J'allai tout dire à mon père qui ne pouvait pas le croire. « Avant-hier, tu brûlais la Bible, comment se peut-il que tu sois maintenant un chrétien ? » « Parce que il ai vu Sa Puissance. Il est le Christ vivant. »

Depuis lors, je rends témoignage aux Indes et dans les contrées environnantes et aussi dans d'autres pays. J'ai vu la puissance de Dieu d'une façon si merveilleuse que, si je vous le disais, vous pourriez à peine le croire. Je vais pour sa gloire vous en donner un exemple : je prêchais dans un village du Tibet, pays fermé à l'Évangile, lorsqu'on m'avertit que je devais me taire ou que ma vie serait en danger. Tout d'abord, j'eus peur, puis je priai et la force me fut donnée avec le sentiment de Sa présence. J'étais prêt à donner ma vie. Alors on me jeta des pierres et du fumier, et je fus traîné hors du village. Le soir venu, j'étais seul dans une grotte, affamé et mourant de soif. Satan me tentait, mais je priai encore et, levant les yeux, je vis une troupe de cinquante à soixante personnes qui s'avançaient vers moi avec des bâtons et des pierres. De nouveau, je fus tout d'abord effrayé, mais je me remis à prier en pensant que c'était un grand privilège de donner ma vie pour Celui qui donna sa vie pour moi. je criai : « Mon Dieu, je remets mon âme entre tes mains ».

Lorsque je rouvris les yeux et regardai, je ne vis plus personne ; tous ces gens avaient disparu. je passai la nuit dans la grotte en prière. Le lendemain matin, je vis ces mêmes personnes qui revenaient et je fus persuadé que c'était pour me tuer. Je me levai et leur dit : « je suis heureux de donner ma vie pour mon Sauveur ». Ils répondirent : « Nous ne sommes pas venus pour te tuer, mais pour savoir quelque chose. Nous avons vu déjà des Chinois, des Hindous, des Européens, mais, la nuit dernière, nous avons vu des hommes si extraordinaires debout autour de ta grotte que nous n'avons pas pu les reconnaître. Nous aimerions savoir de quel pays ils sont. Nous n'avons jamais vu des hommes si remarquables. Ils ne touchaient pas la terre et ils étaient tout autour de la grotte. Nous n'avons pas eu le courage d'aller te tuer quand nous avons vu tant de gens ». Alors, je réalisai que ces hommes étaient des anges. Pour moi, il n'avait pas été nécessaire que Dieu me les fit voir, mais mes persécuteurs les avaient vus.

Quelqu'un pensera peut-être que c'était un rêve ou une illusion... une ou deux personnes peuvent se tromper, mais pas cinquante ou soixante ! C'était une réalité et c'est pour cela que ces gens étaient partis sans rien me faire. Je réalisai ainsi la puissance de Christ. Il était avec moi et non pas Christ seulement, Mais ses anges avaient été envoyés pour me protéger. Nous ne sommes jamais laissés seuls. Je fus invité à rester trois jours au village et pus prêcher et témoigner du Christ vivant.

Lorsque je retournai aux Indes, quelque chose m'empêcha de raconter à mes amis cette expérience, ils n'étaient pas préparés à la croire. Mais la vérité ne peut pas rester longtemps cachée. Des marchands tibétains arrivèrent aux Indes et dirent à d'autres ce qu'ils avaient vu. Quand on me demanda pourquoi je n'en avais pas parlé, je dis : « je suis heureux que vous l'ayez appris par des non-chrétiens.

Maintenant vous pouvez croire que Dieu peut faire des choses magnifiques pour Son peuple ». Les gens d'aujourd'hui ne croient pas aux miracles, parce qu'ils ne comprennent pas. Ils passent leur temps dans leurs livres ou à leurs affaires, mais non pas en prière avec leur Sauveur. Nous verrons ces choses merveilleuses seulement quand nous donnerons du temps à la prière.

Personne ne peut ébranler ma foi. Après être devenu chrétien, je me mis à penser aux pays d'Europe. Je me disais : « Ce sont des pays chrétiens et leurs habitants doivent avoir reçu d'abondantes bénédictions ». Mais, après avoir visité ces contrées, je changeai d'opinion. Dans les pays païens, j'ai vu les hommes adorer des idoles, mais dans ces pays-ci, J'ai vu les hommes s'adorer eux-mêmes. Ils sont très occupés d'argent, de plaisir, d'affaires, et jettent l'opprobre sur le nom de Christ. Aussi seront-ils punis plus sévèrement que ceux des contrées païennes.

Quelles preuves existe-t-il du ciel et de l'enfer ? dit-on. Si le poussin dans l'œuf déclarait qu'il n'existe rien en dehors de sa coquille, et que sa mère lui réponde : « Mais non, au dehors, il y a des montagnes, des fleurs et le ciel bleu », et que le poussin dise à sa mère : « Tu dis des bêtises, je ne vois rien de tout cela ! » soudain sa coquille se briserait, et il constaterait que sa mère avait raison.

Nous sommes aussi comme dans la coquille et ne voyons pas le ciel et l'enfer. Mais un jour elle sera brisée, et alors nous verrons. Et pourtant, il y a des preuves. Pour le poussin dans sa coquille, ses yeux et ses ailes sont des évidences suffisantes d'une vie à venir. L'œil est fait pour voir, mais que peut-il voir dans la coquille ? Il est évident, par conséquent, que les yeux et les ailes ne sont pas faits pour une vie confinée dans la coquille. De même, il y a en nous beaucoup de bons désirs et d'aspirations qui ne peuvent être satisfaits ici-bas. Il faut donc que nous ayons une occasion de les satisfaire : c'est l'Éternité. Mais de même que le poussin a besoin de chaleur, déjà lorsqu'il est dans la coquille, nous devons être réchauffés et couvés par le baptême de feu du Saint-Esprit pour vivre déjà sur cette terre. Car le ciel, ce n'est pas quelque chose pour plus tard, mais pour maintenant. je crois au christianisme qui est Christ lui-même parce qu'il m'a donné la paix sur la terre.

En visitant les pays d'Europe, j'ai vu des gens qui n'ont ni paix spirituelle, ni joie. Les païens trouvent la paix en Christ et ceux qui sont nés dans les pays chrétiens ne la trouvent pas ! J'ai découvert qu'ils sont trop occupés ; ils n'ont pas le temps de prier... Comment ces gens-là pourraient-ils montrer Christ dans leur vie ? Ce n'est pas la faute de Dieu ; Il ne peut pas en être rendu responsable. Si nous ne nous repentons pas de nos péchés et n'allons pas à Lui, nous n'aurons point de paix.

Je vais terminer et ne veux pas prendre plus de votre temps, mais je désire dire encore une chose : Le temps vient où chacun de nous se tiendra devant le trône du jugement comme nous nous tenons ici maintenant. Vous vous entendrez peut-être dire alors qu'un homme est venu d'un pays éloigné pour vous parler du Christ que vous avez ensuite rejeté, et vous serez alors rejetés à votre tour. Sous bien des rapports, vous êtes plus privilégiés que moi, car vous avez tant de magnifiques occasions. Vous connaissez Christ et pouvez le servir, tandis que les païens ne le peuvent pas. Si vous repoussez ces occasions, vous ne serez jamais sauvés. Vous n'avez pas, comme moi, persécuté Jésus-Christ et brûlé la Parole de Dieu. Beaucoup persécutent Christ par leurs actions, par leur vie de péché, mais Il peut les sauver par Sa puissance. Seulement, il faut qu'ils se repentent et le prient. Confiez-vous en Lui et donnez-Lui vos cœurs, alors vous verrez des miracles dans vos vies. Que Dieu nous aide à nous rendre compte de notre état de péché, à nous repentir et à Le recevoir comme notre Sauveur.

En concluant, je désire vous remercier tous d'avoir écouté si attentivement. C'est la première et dernière occasion que j'ai de vous voir. La prochaine fois, peut-être, nous nous verrons en Sa présence.. J'aimerais serrer les mains de chacun de vous, mais ce n'est pas possible maintenant. Nous en aurons le temps dans l'Éternité. quand nous nous rencontrerons aux pieds du Sauveur. Que Dieu nous aide à nous préparer à cette rencontre en Sa présence, là où il n'y aura plus de séparation.


[1] Dans une conversation, le Sâdhou nous expliquait que pour lui le « Royaume des Cieux » signifie le gouvernement de Dieu sur la terre, son autorité sur la nature et sur les hommes. Ainsi, dans le Royaume des Cieux, il y a des bons et des méchants (voir parabole du filet, etc.). Le « Royaume de Dieu » par contre, est tout intérieur et spirituel, ce sont les vrais enfants de Dieu : il commence ici-bas dans les cœurs, et se réalisera pleinement dans le ciel. (Note du traducteur.)

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