La Bible et son message aux hommes

9. RUTH

Dans le livre de Ruth, nous avons une étude sur la puissance de la providence divine. Je me servirai plus d’une fois de ce mot « providence » ; il faut donc que je vous en donne l’explication. Non que vous ne sachiez pas ce qu’il signifie, mais je veux seulement que vous compreniez dans quel sens je l’emploie. Par « providence », je veux dire la puissance de Dieu qui est capable de se servir de toutes les occasions pour accomplir son plan. C’est avec cette pensée que nous étudierons ensemble le livre de Ruth, et nous allons utiliser plusieurs passages.

Il y a une vérité très importante dans le Premier chapitre et au verset 1. {Ru 1.1} Il nous est dit que la famine est survenue au temps des Juges. Or, si nous voulons bien comprendre le livre, il est nécessaire que nous sachions le moment où il a été écrit, que nous connaissions les faits politiques et les circonstances. Les incidents du livre des Juges ont eu leur suite, dans l’avenir, et l’histoire de Ruth s’est déroulée au cours de ces quelques années : elle a été écrite longtemps après que les faits se sont déroulés.

Je vais vous donner un exemple, en me servant du livre même : chapitre 4, verset 7. {Ru 4.7} C’est là une coutume de l’époque à laquelle a vécu Ruth, et si l’écrivain la relate, c’est parce qu’il veut rappeler ces coutumes oubliées au moment où le livre a été écrit. Sur cette affaire là, nous apprenons beaucoup plus de choses dans le livre du Deutéronome ; si une personne perdait son mari, elle pouvait demander à un parent de son mari de l’épouser, s’il refusait de le faire, elle pouvait lui cracher à la figure.

Nous lirons dans le même chapitre les versets 18 à 22. {Ru 4.18-22}

Oserai-je vous dire que la partie la plus importante du livre de Ruth est le passage que nous venons de lire et notamment le dernier mot ? Cela peut vous paraître étrange, mais la personne la plus importante n’est pas Ruth, mais David. Vous voyez que pour comprendre le livre, il faut le voir dans sa perspective.

Au verset 22, nous trouvons le nom de David en effet. Comment l’écrivain a-t-il appris sa naissance ? C’est parce que David était né quand le livre a été écrit, autrement, il n’aurait pu dire qui était son père. Dans l’avènement de David, nous avons l’action la plus remarquable de la providence divine.

Maintenant, retournons par la pensée au temps des juges, et retraçons la marque de la providence divine. Vous savez qu’elle est toujours aussi remarquable de nos jours. Cette étude devrait nous en donner la vision et chacun de nous peut l’expérimenter dans sa propre vie.

Voyons ensemble dans le premier livre de Samuel au chapitre 13, versets 13 et 14. {1Sa 13.13-14}

Afin de rafraîchir votre mémoire, je vais retracer brièvement les raisons de la chute de Saul. Il a trahi parce qu’il n’a pas suivi Dieu, il est tombé parce qu’il n’a pas placé Dieu à la première place, parce qu’il lui a tourné le dos. Il a déplacé les responsabilités et il est devenu orgueilleux. Il a rejeté les droits de souverain de Dieu et il est tombé parce qu’il a craint l’homme beaucoup plus que Dieu. Mais au sein même de cette chute, Dieu cherche un homme et cet homme, bien sûr, c’est David. A cette époque, on ne savait rien de Ruth, ni de Boaz. Mais Dieu commençait déjà à chercher un autre homme selon son cœur. Remarquez le mot employé « chercher » cela veut dire que ce genre d’homme, il est difficile de le trouver. S’il en était autrement, pourquoi Dieu « chercherait-il ? »

Et cette recherche, il la fait dans ce temps de crise nationale grave.

Il faut que je reste un moment sur le livre des Juges. C’est nécessaire pour comprendre le message du livre de Ruth. Ce n’est pas l’histoire que nous voulons, mais c’est le message. Quel message fondamental Dieu veut-il nous apporter au travers de ce livre ? Nous le trouverons dans le livre des Juges, à l’époque où l’histoire s’est déroulée. Il est remarquable, son message aussi ; il nous montre l’état déplorable d’Israël. Peut-être devrais-je vous donner le processus des événements qui l’ont engendré.

Vous connaissez le contenu du livre de Josué. Dieu a donné à Israël ! le pays de la promesse, Israël devait faire sortir tous les habitants de Canaan, et les exterminer, car Dieu savait que les Cananéens et les Israélites ne pourraient pas vivre ensemble ; la raison, c’est que l’impiété ne peut vivre avec la piété, ni la sainteté avec l’impureté. Voilà le danger dans lequel les Israélites sont tombés ; ils croyaient pouvoir habiter avec les Cananéens. Je voudrais vous montrer comment Israël est tombé dans une situation aussi chaotique.

Nous avons là un parallèle entre la chrétienté et la mondanité. Dans les livres historiques, il y a des vérités remarquables qui sont encore parmi nous, maintenant. Le christianisme fait la même erreur à l’égard des impies. Quelles furent ces erreurs ?

Les Israélites ont commencé par tolérer les méthodes des Cananéens ; ils ont admiré leur conduite. Or, l’admiration conduit à l’imitation ; l’imitation, à la dégénération, et cela mène à l’apostasie. Celle-ci conduit à son tour à l’anarchie.

Les méthodes des Cananéens étaient toutes différentes de celles des Israélites, et absolument mauvaises. Par tolérance, les Israélites ont accepté ces choses ; c’est ce que l’Eglise ne doit pas faire quant à la mondanité. On accepte certains moyens que le monde utilise au lieu de prendre une position ferme contre eux ; on les tolère puis on arrive à les admirer, et on s’y conforme. Cela conduit à la dégénérescence spirituelle.

Avec la dégénérescence, nous arrivons à nous substituer à Dieu. L’homme trouve toujours des choses à substituer à celles que Dieu avait données à l’origine ; il est possible de substituer en psychologie la véritable puissance du Saint-Esprit ; il est possible de substituer l’activité spirituelle à la dévotion spirituelle. Lorsque l’homme commence à dégénérer il va vers l’apostasie, c’est-à-dire loin de Dieu, il rejette la souveraineté de Dieu. C’est ce que nous avons principalement dans le livre des Juges, nous y trouvons un état d’anarchie.

Lisons dans ce livre des Juges, chapitre 21, verset 25  ; {Jug 21.25}.

Ce verset est remarquable ; il montre tout l’état rétrograde d’Israël. Il est maintenant dans l’anarchie ; la nation a complètement rejeté le droit de souverain de Dieu. En ces jours-là, il n’y avait plus de roi, plus d’autorité, plus de gouvernement ; chaque homme faisait ce qu’il voulait et lorsque chacun fait ce qui lui semble bon, chacun agit différemment parce qu’il devient une loi pour lui-même. C’est le chaos national, et c’est dans cette situation que Dieu va susciter un homme selon son cœur. Avant d’entrer dans notre sujet, il est nécessaire que nous étudiions encore un peu le livre des Juges. Il y a plusieurs phrases qui sont les mêmes ; dans plusieurs versets, nous lirons qu’en ce temps-là « il n’y avait pas de roi en Israël », cette phrase est très importante.

Lisons au chapitre 17, verset 6. {Jug 17.6}

« En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël, chacun faisait ce qui lui semblait bon ». L’homme jugeait lui-même ce qui était juste ou non. Lorsque l’homme s’éloigne de Dieu, il rejette Ses ordres, pour faire sa propre volonté, c’est un signe de l’apostasie. Nous devrions bien connaître le contenu de tous ces chapitres.

Le chapitre 17 concerne la vie spirituelle d’un individu. Son nom est : Mica. Au chapitre 18, nous trouvons la même phrase : « Il n’y avait point de Roi en Israël », mais ce chapitre concerne la nation dans son ensemble. Il y a aussi une autre pensée dans ce verset : Dieu n’était plus roi dans la vie religieuse du peuple. Savez-vous que cela peut nous arriver ? Nous pouvons rejeter Dieu de notre vie, et faire comme nous voulons. La même chose peut arriver à un mouvement, au peuple élu de Dieu. On peut repousser les droits de Dieu, et agir comme on veut.

Au commencement du livre des Juges, nous avons quelques versets caractéristiques. Il nous est fait mention que plusieurs tribus n’ont pas rejeté les Cananéens :

Chapitre 1, verset 27, {Jug 1.27} Manassé ne les a pas rejetés ; au verset 29, {Jug 1.29} ni Ephraïm ni Zabulon ne l’ont fait ; au verset 31, {Jug 1.31} Azer ne chasse pas les habitants ; au verset 33, {Jug 1.33} il s’agit de Nephtali.

Ainsi, l’histoire continue.

Savez-vous que cela s’est produit sur le plan national ? Les Presbytériens n’ont pas rejeté les Cananéens, les Luthériens non plus, pas plus que les Episcopaux et les Baptistes. Chacun d’eux a dû payer la co-existence avec le monde, et cela n’est pas productif. Il y a une cinquantaine d’années, Dieu a suscité le peuple de la Pentecôte. Vous souvenez-vous de ces jours-là ? Dieu nous a appelés du milieu des luthériens, des presbytériens, des catholiques, il nous a tirés du milieu des épiscopaux, des églises méthodistes. Pourquoi Dieu a-t-il suscité un autre mouvement ? parce que tous ont essayé la co-existence avec les Cananéens...

Saisissez-vous ce que je veux dire ?

Au début, ces gens ont commencé avec Dieu, et Dieu était avec eux. Mais en tolérant les choses du monde et en s’y conformant, ils Lui ont tourné le dos. C’est alors que Dieu a suscité un autre mouvement, et cela doit nous servir de leçon. Nous ne devons pas revenir aux choses que nous avons rejetées, dont nous avons été délivrés.

Le livre des Juges nous enseigne bien tout ce que je viens de vous dire, mais en réalité, il ne nous apprend rien. Nous n’en appliquons pas les leçons. Mais nous devons nous souvenir que lorsque le chaos arrive, Dieu est obligé de trouver un homme selon son cœur.

J’aimerais étudier de plus près ce livre des Juges parce que c’est le terrain dans lequel a poussé le livre de Ruth.

Voyons Juges, chapitre 17, verset 3. {Jug 17.3}

L’apostasie forge son propre Dieu. C’est le cas de Mica. Celui-ci, rétrograde, n’accepte plus les droits souverains de Dieu, et cependant, il a une forme de religion {Jug 17.5} mais il crée sa propre manière de servir et d’adorer. Il s’imagine que Dieu va bénir. {Jug 17.6} C’est le cas des groupements de dénominations différentes qui se sont éloignés de Dieu. Ils ne se préoccupent plus de ce qui est dit dans la parole, ce qui compte pour eux, c’est ce qui est décidé par eux-mêmes, voté à la majorité. Vous trouverez cela au travers de l’histoire de ces dénominations.

Dans une église d’un certain pays, voici l’annonce qui fut faite un dimanche matin par le prédicateur : « Je ne veux plus » de parler en langues ni d’interprétations dans nos réunions » du dimanche matin. Nous essayons d’attirer dans notre église » une société plus élevée, et certains pourraient être choqués. Si » vous avez un message en langues, vous le donnerez le mardi » soir, à la réunion de prière ».

Trouvons-nous dans la Bible quelqu’enseignement de ce genre ? N’est-il pas dit, au contraire, que l’Esprit agit et conduit les dons spirituels comme Il le veut ?

C’est là un exemple parmi tant d’autres...

Dans une autre église, ceux qui la dirigent ont établi une loi : personne n’est admis à parler en d’autres langues, car disent-ils, si l’Esprit a quelque chose à nous révéler, il doit le faire dans notre propre langue, car lui sait et connaît toutes les langues.

Cela, c’est rejeter la souveraineté de Dieu. « Chacun faisait ce qui lui semblait bon... »

J’ai connu des hommes remarquables qui, dans leur jeunesse avaient reçu l’enseignement dans une autre dénomination. Ils croyaient à la nouvelle naissance, mais pas au baptême dans le Saint-Esprit. Dans l’école où ils se trouvaient, Dieu leur a donné une véritable faim du Saint-Esprit ; ils l’ont recherché et ils l’ont reçu. Alors cette école s’est tournée contre eux ; ils ont eu le choix de partir ou de renoncer à leur expérience. Ils sont partis et ce sont ces hommes remarquables qui dirigent maintenant nos assemblées.

Tout le monde connaît l’histoire de David et Goliath, nous pourrions la raconter avec les détails précis, mais il me semble que nous ne comprenons pas toujours la leçon qui s’en dégage. Cette leçon, la voici : Dieu veut que nous employions Sa qualification et non celle des hommes.

Il ne faudrait pas aller vers le monde et utiliser ses moyens, exactement comme Saul a équipé David ; il lui a donné une longue épée, une lance, une grande armure, un grand bouclier et le petit David a essayé de marcher avec tout cet équipement, mais le garçon ne pouvait avancer : l’armure était bien trop lourde pour lui.

Saül lui a dit : « Va maintenant combattre Goliath »

— « Je ne peux pas marcher avec cela, a répondu David,

il faut que je l’enlève.

— Que vas-tu faire ?

— Moi, j’ai ma fronde, et quelques pierres !

— Mais tu ne peux combattre Goliath avec cela !

— Nous n’enseignons pas nos guerriers de cette manière ! »

Mais David a répondu : « C’est la manière dont je veux combattre » et il est allé vers Goliath avec sa fronde. Il a frappé le géant au front. Ce n’était pas l’épée, ce n’était pas la lance, ni l’armure qui ont remporté la victoire, c’était Dieu !

Ne retournons pas vers l’armure de Saül...

Souvenez-vous de ce qui s’est passé lorsque les Israélites ont pris Jéricho, comment Dieu a agi.

Ils devaient entrer dans une ville fortifiée. Dieu a-t-il conseillé à Josué d’étudier le dernier livre paru sur la stratégie militaire ? A cette époque, on attaquait les murailles des villes fortifiées, avec des béliers, et cela, jusqu’à ce qu’elles cèdent. C’étaient d’énormes troncs d’arbres avec des bouts de bronze. Mais ce n’est pas ce que Dieu a conseillé à Josué, Il lui a dit :

« Tu feras chaque jour le tour de la ville ». Imaginez ce que les gens de l’intérieur ont pu penser : « quels fous ! Ils n’ont même pas de béliers, ni d’armures, ni de chariots de guerre, et ils veulent prendre notre ville ! »

Mais les Israélites ont continué à faire le tour de la ville une seconde fois, une troisième, une quatrième, et le septième jour, ils en ont fait sept fois le tour. Alors quelque chose est arrivé : le sol a commencé à trembler, et la victoire a été remportée.

Quelle leçon pour nous, si nous voulons gagner les victoires avec l’équipement du monde. Dieu nous a donné la Bible et il y a là toute la stratégie divine.

Dans le livre des Juges, il nous est dit que chaque homme faisait ce qui était droit à ses propres yeux, rejetant ainsi les droits de la souveraineté de Dieu dans tous les domaines : religieux, moral et politique. Dieu considérait la situation comme désespérée ; c’est alors qu’il a commencé à travailler le cœur de David pour trouver un homme selon Son cœur. Et cela nous conduit au livre de Ruth.

La nation est en pleine crise, et Dieu suscite une grande famine au pays de Juda. Je sais moi-même ce que c’est que d’avoir faim, j’étais en Allemagne pendant la première guerre mondiale, et nous avons connu la famine.

Dans ces circonstances, Dieu a choisi comme instrument la famille d’Elimélec et nous avons là une belle pensée : en ce temps des Juges où il n’y avait pas de roi, un enfant a été appelé Elimélec, nom qui veut dire : « Dieu est mon Roi ». Ses parents, eux, reconnaissaient donc Dieu comme leur roi, et ils ont voulu que leur fils soit le témoignage vivant de leur foi.

Votre nom et le mien peuvent aussi devenir « Elimélec ». Supposons que le peuple de Dieu arrive à rejeter la souveraineté divine, mais vous et moi, nous pouvons l’accepter pour notre roi. Vous voyez, mes amis, c’est réellement quelque chose d’être sauvé, d’avoir accepté Jésus pour Sauveur, mais c’est aussi autre chose que l’accepter pour Son Seigneur...Nous l’avons invité à entrer dans notre cœur, nous l’avons reçu, mais la question est : est-Il sur le trône ?

Pouvez-vous vous imaginer la persécution à laquelle les parents d’Elimélec étaient exposés ? Le nom de leur fils était un reproche à la nation. Tous disaient : « nous ne voulons pas que Dieu soit notre Roi ! » et eux affirmaient « Pour nous, Dieu est notre Roi ! »

N’est-il pas étonnant que Dieu ait choisi cette famille pour qu’un jour David puisse naître dans ses descendants, et après David, Jésus-Christ ? C’est là l’œuvre de la providence divine. Dieu a cherché un couple parmi la nation, et il a choisi cette famille qui le reconnaissait comme souverain.

Dieu fait de même aujourd’hui. Il cherche ceux qui le reconnaîtront pour leur Roi et qui le garderont sur le trône de leur cœur. Il est possible que vous et moi soyons des « Elimélec ».

Dans le pays de Juda, Dieu a donc suscité la famine, résultat direct de la désobéissance d’Israël, et celle-ci touche un couple pieux. C’est là une étrange vérité : les gens pieux peuvent aussi être atteints par les jugements de Dieu qui tombent sur les impies.

Cette famille s’est donc trouvée dans la détresse. « Bethléhem » signifie « maison de pain et de louange » mais ce lieu est devenu la maison de la famine et de la détresse. Pour échapper à cette épreuve, les parents d’Elimélec décident d’émigrer vers le pays de Moab. Je ne sais si vous savez ce que c’est que d’émigrer, tout ce que cela représente. J’en ai fait l’expérience voulant soulager ma Mère qui ne pouvait nourrir tous ses enfants. Je ne connaissais pas Dieu, mais Il s’est servi de cette épreuve, pour m’amener à lui. Je suis allé jusqu’au bord du suicide, mais la pensée de ma mère m’a retenu, et je suis entré dans une église. C’est là que Dieu m’a sauvé.

Au pays de Moab, Elimélec meurt, ainsi que ses deux fils. Naomi est dans le deuil et la tristesse et elle se trouve dans un pays étranger. Il lui reste ses deux belles-filles. A ce moment arrive une bonne nouvelle : l’Eternel a visité son peuple et la pluie est tombée. Il y a à nouveau du pain au pays de Juda. Elle décide donc d’y retourner.

Vous voyez que Dieu a fait tomber sur Naomi une grande épreuve ; elle a dû émigrer, elle a perdu son mari et ses fils, et maintenant Dieu la pousse à revenir en Juda, avec Ruth. Ni l’une ni l’autre ne prévoyait le plan de Dieu à leur égard. Mais Dieu avait choisi Ruth comme instrument.

Voyons un peu l’attitude de Naomi au travers de cette crise. Lisons au chapitre 1er les versets 13, 20 et 21 {Ru 1.13,20,21}.

Elle dit que Dieu est contre elle, elle le juge. C’est ce que nous pensons dans l’épreuve. Mais Dieu n’est pas contre Naomi, il est pour elle. Seulement, elle ne le réalise pas. Tout semble l’accabler.

Elle ne pouvait réaliser que Dieu se servait d’elle pour accomplir son plan ; l’avènement de David, et au verset 20 {Ru 1.20} elle dit : « Le Tout-Puissant m’a remplie d’amertume »&mdash ;Nous avons tous fait des expériences amères, et je pense souvent à Ezéchiel. Souvenez-vous ce que Dieu lui a dit ; il lui a tendu un rouleau et lui a dit de l’avaler. Sur ce rouleau est écrit : lamentations et malheurs. Ezéchiel l’a mangé, et il a dit que dans sa bouche, c’était doux, mais que ce fut amer dans son estomac. Que veut dire cela ?

Lorsque nous entendons la vérité, elle nous paraît douce, mais lorsqu’elle est appliquée à notre vie, elle est amère. Il y a tant de choses amères à manger et boire ! Ce que les gens disent de vous, leurs mauvaises interprétations à votre égard...L’apôtre Paul disait : « en péril parmi les faux-frères ». Mais ces choses amères peuvent devenir douces dans le plan de Dieu.

Au verset 21, {Ru 1.21} Naomi dit : « l’Eternel me ramène les mains vides »&mdash ;Elle a encore mal jugé Dieu à cet égard, elle ne voyait que sa nudité. Mais Dieu voulait la bénir. Parfois, Dieu nous vide de nos amis, de nos ambitions, mais il le fait pour nous remplir lui-même.

Il y a encore autre chose au verset 21. Elle dit : « L’Eternel s’est prononcé contre moi, il m’a affligée. » Elle est totalement dans l’erreur. Elle croit qu’on va penser que si elle est affligée, c’est qu’elle a fait quelque chose de mal. Mais, la providence divine est en train d’agir par ce moyen, il faut qu’elle passe au travers des humiliations, des fausses accusations. (Qui de nous ne connaît cette situation ?) Il veut faire quelque chose de nouveau, mais elle ne le sait pas.

Nous avons fait cette expérience, de connaître des moments difficiles et entendre dire autour de soi : « Il y a quelque chose dans sa vie qui ne va pas, il a péché certainement, c’est pour cela que Dieu ne répond pas à sa prière ».

Et pourtant nous n’avons rien fait de mal, mais Dieu se sert de nous au travers de ces difficultés. C’est là un mystère de la providence divine.

Je viens de connaître une crise, l’hiver dernier. Je suis tombé tellement malade qu’il a fallu m’opérer dans les vingt-quatre heures. On a prié, mais Dieu n’a pas répondu ; il avait quelque chose de mieux pour moi. Je suis donc entré à l’hôpital et je suis resté deux mois sans enseigner. Je ne sais ce que les gens ont pensé, mais j’ai eu là un temps merveilleux. Dieu m’a parlé lorsqu’on m’a emmené dans la salle d’opération, et Son Esprit m’a donné un chant. Lorsque je me suis réveillé, le chant était encore là. Je me suis dit : « pourquoi Dieu n’a-t-il pas répondu à ma prière ? » Je ne pense pas encore avoir la réponse entière, mais je sais une chose : le Seigneur a agi merveilleusement, il m’a ouvert le livre de Job. Jusqu’à ce moment, je n’avais pu rien en tirer, je le trouvais sec et aride, trop long ; Job était malade, Dieu lui parlait de tout, sauf de sa maladie. Il lui faisait un cours de sciences naturelles, alors que cet homme demandait la guérison...

J’étais à l’hôpital, je ne savais comment les choses allaient tourner et si je pourrais aller à la Convention. En janvier, je devais aller à Tokio...Le docteur ne savait pas, mais Dieu savait. Et Il m’a donné le livre de Job. Je sais maintenant pourquoi Dieu a parlé à Job de toutes ces choses, Dieu m’a mis dans le cas de cet homme. Je ne pouvais rien faire d’autre que de regarder à Lui. Puis on m’a renvoyé à la maison, j’ai eu des complications, tout allait mal, et puis, cela a commencé à aller mieux. Lorsque Dieu a eu fini de m’enseigner, il m’a guéri.

Le Tout-Puissant permet que nous passions par l’affliction, et s’il nous afflige, il le fait pour notre propre bien. Nous devrions apprendre à avoir confiance dans la sagesse et l’intégrité de Dieu.

Nous avons donc vu Dieu agir avec Naomi. Nous le voyons maintenant agir avec ses deux belles-filles. L’une s’appelle Orpa, l’autre, Ruth. Naomi leur conseille de rester au pays de Moab, de ne pas venir en Judée. Mais toutes deux répondent : « Nous irons avec toi ». Finalement, Orpa reste, mais Ruth demeure attachée à sa belle-mère, chacune est persuadée qu’elle fait bien. Ruth prononce alors ces paroles magnifiques des versets 16 et 17 : {Ru 1.16,17}

« Où tu iras, j’irai. » N’est-ce pas remarquable ? « Où tu demeureras, je demeurerai. » Ruth est prête à aller n’importe où, c’est bien là la consécration chrétienne, c’est ainsi que nous devons servir Dieu, nous abandonner, nous soumettre entièrement à sa volonté. Ce n’est pas toujours facile, j’en ai fait l’expérience au cours de mes voyages, mais le Seigneur veut que nous allions de l’avant avec Lui.

Ruth a pris cette décision, sans aucune réserve et c’est ce que le Seigneur attend aussi de nous. « Où tu mourras, je mourrai, et j’y serai enterrée. » Voyez comme le Seigneur s’est servi de cette femme. Orpa, elle, est repartie en arrière. J’aimerais, ici, dire quelque chose, je ne sais si vous serez tous d’accord avec moi : Dieu nous persuade parfois de faire juste le contraire de ce qu’il veut réellement que nous fassions ; cela paraît être une contradiction, mais il y a des versets bibliques qui le prouvent. Souvenez-vous : lorsque Elisée devait recevoir le manteau d’Elie. Celui-ci leur dit : « Attends ici, que je m’en aille plus loin ». Elisée a répondu : « Non, je ne resterai pas ici, j’irai où tu iras. » Et tous deux sont partis. En réalité, Dieu ne voulait pas qu’Elisée demeure en arrière, mais il voulait l’éprouver.

C’est ce qui se passe exactement quant à Ruth. Naomi lui dit : « Va avec ta sœur », mais Dieu ne voulait pas qu’elle s’en aille, il voulait seulement mesurer sa consécration. Il y a toujours des gens qui essaient de nous persuader d’aller contre la volonté du Seigneur, et pour cela, ils vous donnent de bons arguments. Mais nous devons considérer l’appel de Dieu reçu dans notre cœur, et ne pas les écouter.

Au verset 22, {Ru 1.22} la providence divine agit d’une façon merveilleuse. Il nous est dit « qu’elles arrivèrent à Bethléem au commencement de la moisson des orges ». Boaz était le propriétaire de ces champs, et elles arrivent au bon moment. Dieu sait toujours conduire les événements de notre vie avec précision. C’est là une vérité remarquable.

J’aimerais prendre un peu de temps pour étudier les caractères de Ruth et de Boaz. Dieu avait une raison pour choisir ce couple, en particulier. Il nous est dit, chapitre 2, verset 2, {Ru 2.2} que Ruth était soumise ; elle était soumise à sa belle-mère. Cet esprit de soumission manque souvent, et nous avons besoin d’apprendre à nous soumettre les uns aux autres, et aux circonstances que Dieu suscite dans nos vies. Ruth avait aussi de l’initiative, elle cherchait à travailler, à glaner, elle n’était pas paresseuse ; ce n’est pas étonnant que Dieu l’ait choisie.

Nous voyons aussi qu’elle était humble. Elle tomba sur sa face et se prosterna. {Ru 2.10}

Au verset 11, {Ru 2.11} nous réalisons que c’était une femme aimable. Boaz a rendu témoignage à sa bonté. Elle était bonne pour sa belle-mère.

Au verset 12, {Ru 2.12} nous découvrons qu’elle avait la foi. Elle s’est placée sous les ailes de l’Eternel.

Au verset 13, {Ru 2.13} il nous est dit qu’elle était reconnaissante. Elle a su apprécier l’amitié manifestée par Boaz, et le lui dit.

Au verset 14, {Ru 2.14} nous trouvons qu’elle était modeste. Elle a été invitée à tremper son pain dans le vinaigre, et elle s’est assise avec les moissonneurs. C’était là le repas des moissonneurs, le pain pour la faim, le vinaigre pour la soif. Remarquez que lorsqu’elle a eu suffisamment mangé, elle est partie, elle savait rester à sa place.

Au verset 17, {Ru 2.17} nous constatons qu’elle était diligente. Elle moissonna jusqu’au soir. Elle ne laissa pas son travail inachevé.

Au verset 23, {Ru 2.23} il est dit qu’elle était obéissante. Boaz lui a dit de rester avec ceux qui travaillaient, et elle l’a fait. On pouvait compter sur elle, elle ferait toujours ce qu’on lui commanderait.

Enfin, encore au verset 23, nous constatons qu’elle était endurante. Elle est restée jusqu’à la fin de la moisson, elle n’a pas fait son travail à moitié.

De toutes ces caractéristiques, nous déduisons que Ruth est un exemple splendide pour toutes les femmes.

Voyons maintenant Boaz. Il avait, lui aussi, des qualités. Au chapitre 2 et au verset 4, {Ru 2.4} nous voyons qu’il était courtois, il saluait ses moissonneurs d’une façon amicale. Au verset 5, {Ru 2.5} nous trouvons que c’est un homme observateur ; il a remarqué qu’il y avait une étrangère parmi les travailleurs. Au verset 8, {Ru 2.8} il prouve qu’il était bon. « Ne va pas glaner dans un autre champ. » Il voulait lui accorder quelques faveurs. Au verset 9, {Ru 2.9} il est prévoyant : il craint que les jeunes gens manquent de respect à Ruth, du fait que c’est une étrangère. Il avait de la considération pour elle.

Au verset 10, {Ru 2.10} nous voyons qu’il est gracieux ; Ruth lui dit :

« Comment ai-je trouvé grâce à tes yeux ? » Il se rendait compte des besoins d’autrui.

Au verset 11, {Ru 2.11} nous constatons qu’il est reconnaissant, lui aussi. Il a apprécié la bonté de Ruth envers sa belle-mère, il avait appris certaines choses la concernant.

Au verset 12, {Ru 2.12} nous voyons que c’est un homme pieux.

Il avait foi en la récompense divine, et il avait apprécié le fait que Ruth avait placé sa confiance en Dieu.

Enfin, au verset 13, {Ru 2.13} nous remarquons que c’est un homme amical. C’est tellement appréciable pour des étrangers de trouver des gens agréables.

Continuons : au verset 14, {Ru 2.14} Boaz est rempli de considération. Ruth est assise là, et il lui a tendu du grain rôti. Il savait qu’elle était bien trop timide pour se servir elle-même. Les étrangers sont toujours timides, ils attendent que quelqu’un prenne le plat et le leur passe, et si on les oublie, ils restent sur leur faim !

Pour être tout à fait honnête, il faut voir dans ce geste de Boaz plusieurs raisons. Il avait certes de la considération pour Ruth, mais aussi, il tente sa chance. Ce n’est pas difficile d’être généreux, lorsqu’on aime quelqu’un. Au verset 16, {Ru 2.16} il dit à ses serviteurs de « laisser tomber quelques épis pour qu’elle puisse les glaner ». Il était généreux.

Si nous assemblons ces deux caractères, nous voyons que Dieu a choisi un couple vraiment remarquable, qui est un exemple pour tous.

Maintenant, nous allons conclure sur le message de ce livre, et voici les leçons que nous pouvons en tirer :

L’individu peut conserver Dieu sur le trône de son cœur, même lorsqu’un groupement, une communauté rejette les droits de Dieu. C’est une grande leçon. Bien que moabite, Ruth a conservé Dieu sur le trône de son cœur ; Boaz, aussi, bien qu’il fut riche.

Avez-vous bien remarqué que Dieu a choisi une étrangère, une femme d’un peuple méprisé. Vous savez qui étaient les Moabites ; c’étaient les descendants des filles de Lot. Et pourtant, Dieu l’a choisi au milieu de ce peuple, afin qu’elle serve d’instrument pour l’accomplissement de Son plan.

La seconde leçon, en rapport avec la première, est celle-ci : l’individu peut marcher avec Dieu, même si la communauté ne le fait plus. C’est là une responsabilité individuelle.

La troisième leçon : notre entourage ne fait pas de nous des saints. Ruth vivait dans un monde impie, pourtant ce fut une femme pieuse. Boaz vivait au milieu d’une nation qui avait rétrogradé, cependant, il a été un homme de Dieu. Parfois les chrétiens s’excusent de leur infidélité, en accusant leur entourage, mais le livre de Ruth désapprouve ces théories. Nous pouvons être saints, alors que notre entourage est mauvais. L’excuse n’est donc pas valable. Nous ne devons pas être gouvernés par ceux qui nous entourent, nous devons être conduits par Dieu.

Et voici la quatrième leçon : le fait d’être pauvre matériellement ne peut nous empêcher d’être croyant. La position sociale de Ruth était basse et cependant, elle était pieuse. Le contraire est également vrai : la richesse n’exclut pas la piété. Boaz occupait une position sociale élevée ; cela ne l’a pas empêché d’être un homme de Dieu. Tout dépend de notre choix, nous devons nous soumettre au désir du Seigneur, et il agira d’une façon merveilleuse dans nos vies.

Le dernier chapitre nous amène au triomphe de la providence divine, et, comme nous l’avons déjà dit, à l’avènement de David. Elle a agi au travers des crises et des épreuves, en vue du plan final, bien que méconnue des hommes.

Nous devons pourtant apprécier la puissance de la providence divine, elle a agi dans la vie de Ruth et de Boaz, et c’est la même qui œuvre dans nos vies. Nous sommes au terme de notre étude du livre de Ruth, j’ai essayé d’en tirer les leçons fondamentales, afin de vous aider à collaborer avec la providence de Dieu, et surtout de vous la faire comprendre, au travers des crises sévères, et des épreuves traversées.

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