Vers la Sainteté

CHAPITRE II

La Sainteté : Comment l’obtenir ?

« Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance . » (Osée 4.6)
« La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et Celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17.3)

Un professeur âgé de plus de quatre-vingts ans disait un jour dans une réunion de Sainteté : « Je crois à la sainteté ; mais je ne crois pas qu’elle s’acquière tout d’un coup, comme vous le prétendez. Je crois que c’est une œuvre progressive. »

C’est une erreur très répandue, qui n’est que la suite de celle qui considère la mort comme devant nous sauver du péché et nous mettre en possession de la sainteté, mais une erreur qui a privé des milliers et des milliers d’hommes de la joie de cette expérience bénie. Cette erreur empêche de reconnaître le caractère odieux du péché, et elle méconnaît en outre le simple chemin de la foi par lequel seul il peut être détruit.

La sanctification complète est à la fois une affaire de soustraction et d’addition. Tout d’abord, l’âme sera purifiée en « rejetant toute malice et toute ruse, la dissimulation, l’envie et toute médisance », (1 Pierre 2.1) en un mot, tout mauvais sentiment et tout désir égoïste contraire à l’esprit de Christ. De par sa nature, cette œuvre de sanctification ne peut être le résultat de la croissance ; pour croître, il faut recevoir, tandis que pour être purifié, il faut perdre. La Bible dit : « Renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes » (Colossiens 3.8). L’apôtre parle de ces choses comme devant être enlevées par l’homme, de la même manière qu’il enlève son habit. Ce n’est pas en plusieurs fois qu’un homme ôte son vêtement, mais par un effort actif, volontaire et unique de tout son corps. C’est là une soustraction.

Mais l’apôtre ajoute : « Comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience » (Colossiens 3.12). Ce n’est pas non plus en plusieurs fois qu’un homme met son habit, mais par un effort semblable de tout son corps.

Ce n’est pas progressivement que vous enlevez les mauvaises herbes de votre jardin, mais en les arrachant complètement et d’un seul coup par un usage vigoureux du sarcloir et du râteau.

Ce n’est pas progressivement que le cher petit enfant qui a taché son vêtement en se roulant dans la cour avec le chat et le chien sera nettoyé. Il pourrait grandir jusqu’à l’état d’homme fait et rester sale. C’est en le lavant d’un trait avec de l’eau pure que vous le rendrez présentable.

Ainsi la Bible dit : « A Celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang. » « Le sang de Jésus Christ nous purifie de tout péché. » C’est aussi ce que dit notre cantique :

Jésus par Ton sang précieux,
De mon cœur ôte la souillure ;
O toi, bien-aimé Fils de Dieu,
Guéris-moi par tes meurtrissures !
Ployant sous le poids qui m’accable ;
Je me reconnais vil et coupable.
Au pied de ta Croix Je me rends.
Lave-moi dans Ton précieux sang.

Tout cela fut expliqué au frère âgé dont il est parlé plus haut ; on lui demanda, si après soixante ans d’expérience chrétienne, il se sentait plus près d’obtenir le don inestimable d’un cœur pur que le jour où il avait commencé à servir Christ. Il reconnut honnêtement que tel n’était pas son cas. On lui demanda alors s’il n’estimait pas que soixante ans fussent une période assez longue pour prouver l’exactitude de sa théorie au cas où elle serait vraie. Il l’admit et consentit à demander sur le champ et en une seule fois la bénédiction de la sainteté. Il ne l’obtint pas en cette première soirée ; mais il revint le soir suivant. Il s’était à peine agenouillé cinq minutes qu’il se relevait, et les bras étendus, les joues ruisselantes de larmes, le visage rayonnant d’une clarté céleste, s’écriait : « Autant l’orient est éloigné de l’occident, autant Il a éloigné de moi mes transgressions. » Pendant quelque temps il vécut pour rendre témoignage aux grands et aux petits de cette merveilleuse grâce de Dieu en Christ ; puis il s’en alla en triomphe dans le sein de ce Dieu que nul ne verra sans la sanctification.

– Mais, me disait un homme que je pressais de rechercher à l’instant la sainteté : Je l’ai obtenue au moment de ma conversion. Dieu n’a pas fait Son œuvre à demi en me sauvant ; Il l’a faite pleine et complète.

– Il est vrai, mon frère, que Dieu a fait une œuvre parfaite. En vous convertissant, Il vous a pardonné chacun de vos péchés ; Il les a effacés comme une nuée épaisse, afin qu’on ne se souvienne plus d’un seul d’entre eux ; Il vous a adopté comme membre de sa famille et a mis son Saint-Esprit dans votre cœur afin qu’Il vous rende témoignage de cette vérité. Cette assurance vous a rendu plus heureux que la nouvelle d’un héritage de plusieurs millions, ou votre nomination à une haute position officielle, car elle vous a fait héritier de Dieu et cohéritier en toutes choses de notre Seigneur Jésus-Christ. Gloire à Dieu ! C’est une grande chose que d’être converti. Mais mon frère, êtes-vous délivré de toute impatience, de toute colère et autres péchés semblables ? Vivez-vous d’une vie sainte ?

– Je ne considère pas ces choses exactement comme vous, reprit-il. Je ne crois pas que nous puissions, en cette vie, être délivrés de toute impatience et de toute colère.

Et comme je le pressais sur ce point, il éluda la question et contredit sa propre assertion d’être entré en possession de la sainteté au moment de sa conversion. Ainsi que l’écrivait un ami : « Il nierait la maladie plutôt que de prendre le remède. »

Le fait est que ni la Bible ni l’expérience ne prouvent que le cœur de l’homme devienne pur au moment de la conversion ; tout au contraire. Ses péchés lui sont remis ; il reçoit le gage de son adoption dans la famille même de Dieu, ses affections sont changées ; mais avant d’être allé bien loin, il trouvera sa patience mélangée d’humeur, sa bonté de colère, sa douceur d’irritation, (choses qui sont dans son cœur et peuvent n’être pas vues des hommes mais dont il a pourtant pleinement conscience) son humilité d’orgueil, sa fidélité à Jésus mêlée à la honte de la croix, en un mot les fruits de l’esprit et les œuvres de la chair en présence dans son âme dans une proportion plus ou moins grande. Mais cet état de choses cessera quand son cœur sera purifié ; cette seconde œuvre de grâce sera précédée d’une consécration absolue ; elle exigera un acte de foi aussi défini que celui qui précéda sa conversion.

Après sa conversion, son ancienne nature pécheresse sera semblable à un arbre coupé, dont le tronc reste encore en terre. L’arbre lui-même ne causera plus d’ennuis, mais si l’on n’y prend garde, du tronc continueront à pousser de petits rejetons. Pour en finir, le moyen le plus rapide et le plus efficace sera.

Ainsi, Dieu veut placer dans toute âme convertie la dynamite du Saint-Esprit (le mot dynamite dérivé du grec, signifie force (Actes 1.8) afin d’en finir pour toujours avec l’ancienne et embarrassante nature pécheresse, de sorte qu’on puisse dire en toute vérité : « Les choses vieilles sont passées, et voici toutes choses sont devenues nouvelles. »

C’est précisément ce que Dieu fit pour les apôtres au jour de la Pentecôte et pourtant personne ne peut nier qu’ils aient été convertis avant ce jour bienheureux, car Jésus lui-même leur avait dit : « Réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux » – et l’homme doit être converti avant que son nom soit écrit dans les cieux.

C’est d’eux aussi qu’Il avait dit : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » ce qui n’eût pu être dit d’hommes inconvertis. Nous devons donc en conclure que les apôtres étaient déjà convertis, mais qu’ils n’avaient pas reçu la bénédiction d’un cœur pur avant le jour de la Pentecôte. Or, en ce jour ils la reçurent ; Pierre le déclare de la façon la plus claire lorsqu’il dit : (Actes 15.8-9) « Dieu, qui connaît les cœurs leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous ; Il n’a fait aucune différence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. »

Avant de recevoir cette grande bénédiction, Pierre était tantôt plein de présomption, tantôt rempli de crainte. Un jour, il s’écrie : « Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi. Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai point. » Puis, peu de temps après, quand la foule s’avance pour saisir son Maître, il attaque hardiment et combat avec son épée ; le lendemain, l’excitation passée et l’enthousiasme éteint, il se laissait. intimider par une servante au point de faire des imprécations et de renier par trois fois son Maître !

Il en est de même d’un grand nombre de nos soldats. Pleins de courage au milieu de l’entrain général, quand tout leur est favorable, ils pourront même soutenir une attaque exigeant l’emploi des muscles et du courage physique ; livrés à eux-mêmes, ils n’ont pas le courage moral de porter l’uniforme seuls dans leur atelier, en butte au mépris de leurs compagnons ou aux railleries des gamins de la rue. Ces soldats-là aiment la parade, mais ils reculent devant le dur combat au front de la bataille. Mais Pierre eut la victoire le jour de la Pentecôte ; la puissance du Saint-Esprit entra en lui. Il reçut un cœur pur d’où l’amour parfait avait banni la crainte, – aussi lorsqu’emprisonné pour avoir prêché dans les rues, il reçut du Sanhédrin l’interdiction de le faire de nouveau, l’apôtre répondit : « Jugez s’il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne point parler de ce que nous avons vu et entendu. » Aussitôt libéré, il retournait dans les rues et y prêchait la bonne nouvelle d’un salut complet.

Après cela, Pierre fut pour jamais à l’abri de la crainte, et l’orgueil spirituel n’eut plus de prise sur lui ; aussi, le jour où Dieu se servit de lui pour guérir le paralytique, quand le peuple étonné s’empressait autour de lui, put-il s’écrier : « Hommes Israélites pourquoi vous étonner de cela ? pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous comme si c’était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme ? Le Dieu de nos pères a glorifié son serviteur Jésus … C’est par la foi en Son nom que Son nom a raffermi celui que vous voyez et connaissez ; c’est la foi en Lui qui a donné à cet homme cette entière guérison » (Actes 3.12, 13, 16).

Il ne resta plus rien chez l’apôtre de cette violence qui lui avait fait couper l’oreille du soldat la nuit où Jésus fut trahi ; mais il s’arma de l’esprit qui est en Christ et suivit Celui qui nous a laissé son exemple afin que nous marchions sur Ses traces (1 Pierre 4).

« Mais nous ne pouvons recevoir ce que reçut Pierre le jour de la Pentecôte, » m’écrivait récemment une personne. Cependant dans la grande prédication qu’il fit entendre ce jour-là, Pierre déclare lui-même que la chose est possible, lorsqu’il dit : « Vous recevrez le don du Saint-Esprit, car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin – il y a maintenant dix neuf cents ans, – en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » (Actes 2.38-39) Tout enfant de Dieu peut le recevoir en se donnant entièrement à Dieu et en le demandant avec foi : « Demandez et on vous donnera, cherchez et vous trouverez, car si vous qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le Lui demandent. »

Cherchez-Le de tout votre cœur et vous Le trouverez, car Dieu l’a dit et Il attend de pouvoir Se donner à vous.

Un jeune homme, qui allait entrer à nos Écoles Militaires, sentit la nécessité d’avoir un cœur pur ; de retour chez lui après la réunion, il prit sa Bible, lut le second chapitre des Actes, à genoux devant son lit, et dit au Seigneur qu’il ne se relèverait point avant d’avoir reçu un cœur pur, rempli du Saint-Esprit. Il n’avait pas prié longtemps, que le Seigneur vint soudainement à lui et le remplit de Sa gloire ; le visage du jeune homme resplendissait et son témoignage embrasait les cœurs depuis cet exaucement. Vous pouvez, vous aussi, obtenir cette grâce en allant au Seigneur dans l’esprit et avec la foi de ce frère ; et le Seigneur fera pour vous « infiniment plus que tout ce que vous pouvez demander et penser par la puissance qui agit en vous. »

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