CHAPITRE XL
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La seconde venue de Christ :
La nature de sa venue et le but de sa venue dans les airs

Il y a plusieurs questions qui nous viennent à l'esprit par rapport à la doctrine du retour de Christ. Premièrement, quelle est la nature de sa venue ? Nous nous demandons ensuite : Y a-t-il des étapes à sa venue ? Si oui, quelles sont-elles ? Ayant déterminé qu'il y aura plusieurs étapes au retour de Christ, d'autres questions surgissent quant à sa venue dans les airs, au jugement des nations, à la venue de Christ pour régner, aux résurrections et à plusieurs autres sujets. Dans le présent chapitre, nous considérerons d'abord la nature de sa venue et nous continuerons ensuite par une étude du but de sa venue dans les airs.

I. LA NATURE DE LA VENUE DE CHRIST

Tous ceux qui croient que la Bible est la Parole de Dieu croient aussi à la seconde venue de Christ, mais il y a une grande divergence d'opinions quant à la signification du retour de Christ. Il est donc nécessaire d'examiner cette question à la lumière des Écritures.

A. L'ENSEIGNEMENT BIBLIQUE

Il est beaucoup question du retour de Christ dans la Bible. Jésus a déclaré qu'il reviendrait personnellement (Jn. 14.3 ; 21.22ss.), à l'improviste (Mt. 24.32-51 ; 25.1-13 ; Mc. 13.33-37), subitement (Mt. 24.26-28), dans la gloire de son Père et avec ses anges (Mt. 16.27 ; 19.28 ; 25.31), et triomphalement (Lu. 19.11-27). Après l'ascension de Christ, des hommes vêtus de blanc ont déclaré qu'il reviendrait personnellement, corporellement, visiblement et soudainement (Ac. 1.10ss.). Le témoignage des apôtres est très considérable. Pierre témoigne qu'il reviendra personnellement (Ac. 3.19-21 ; 2 Pi. 3.3ss.) et à l'improviste (2 Pi. 3.8-13). Paul témoigne qu'il viendra personnellement (Ph. 3.20ss. ; 1 Th. 4.16ss.), subitement (1 Co. 15.51ss.), en gloire et accompagné des anges (2 Th. 1.7-10 ; Tit. 2.13). L'Épître aux Hébreux déclare qu'il viendra personnellement (Hé. 9.28) et sans tarder (Hé. 10.37). Jacques affirme qu'il viendra personnellement (Ja. 5.7ss.). Jean écrit qu'il viendra personnellement (1 Jn. 2.28 ; 3.2ss.) et subitement (Ap. 22.12) Et Jude cite Hénoch pour montrer qu'il viendra publiquement (Jud. 1.14ss.). L'évidence biblique est claire et suffisante.

B. CERTAINES INTERPRÉTATIONS ERRONÉES

Malgré les preuves abondantes et non équivoques, il y a cependant de nombreuses interprétations erronées du retour de Jésus-Christ. Il est donc nécessaire de réfuter ces enseignements avant d'aller plus loin dans l'étude de cette doctrine. Nous parlerons brièvement de cinq d'entre elles.

1. La venue du Saint-Esprit. Certains enseignent que le retour de Jésus-Christ est la venue du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. Ils appliquent à la Pentecôte Mt. 16.28 : "Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne." De même, d'autres interprètent Jean 16.16 : "Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps, et vous me verrez" en disant que cela s'est accompli lorsque l'Esprit est venu. Il est plus naturel de penser que la promesse dans Matthieu fait allusion à la réapparition de Christ après sa résurrection. Jésus a promis d'envoyer le Consolateur, mais il ne s'est pas envoyé lui-même (Jn. 14.16 ; 15.26). Il a, en fait, déclaré que la venue de l'Esprit dépendait de son départ (Jn. 16.7). Dans Ac. 2.33, Jésus est présenté à la droite de Dieu et répandant l'Esprit. C'était le jour de la Pentecôte. Dans Ac. 3.19-21, après le jour de la Pentecôte, Pierre invite Israël à se repentir de manière à ce que Dieu puisse envoyer Jésus-Christ, "que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses". Plusieurs autres promesses concernant le retour de Jésus-Christ ont été faites après le jour de la Pentecôte ; ces deux choses ne sont donc pas interchangeables.

2. La conversion de l'âme. C'est ce que certains soutiennent, mais ce n'est pas non plus biblique. Jésus a dit que le Père et le Fils viendraient tous deux demeurer dans le croyant (Jn. 14.23) et il a promis immédiatement après que le Consolateur viendrait et leur enseignerait toutes choses (Jn. 14.26). Le Saint-Esprit est l'Esprit de Jésus (Ac. 16.7) et l'Esprit de Christ (Ro. 8.9 ; 1 Pi. 1.11), mais Christ et le Saint-Esprit ne sont jamais confondus. Paul a fait une déclaration qu'il est facile de mal interpréter : "Le Seigneur, c'est l'Esprit" (2 Co. 3.17). Nous reconnaissons qu'il y a identité d'essence et de puissance, tout comme Christ a dit à propos de sa relation avec le Père : "Moi et le Père nous sommes un" (Jn. 10.30). Cela ne veut toutefois pas dire une seule et même personne, mais un seul et même être. De plus, Christ et l'Esprit sont pratiquement le même en ce que Christ se communique lui-même lors de la conversion et, à d'autres moments, par le moyen de l'Esprit. Le Saint-Esprit est son Esprit. La dynamique dans la présence et l'influence du Seigneur dans le croyant, c'est l'Esprit de Dieu (Ro. 8.9s ; Ga. 2.20 ; 4.6 ; Ph. 1.19 ; comparer Ac. 20.28 avec Ép. 4.7, 11). Dans Ro. 8.9-11, 1l est intéressant de remarquer que Paul utilise de façon interchangeable les expressions "l'Esprit", "l'Esprit de Dieu", "l'Esprit de Christ" "Christ", "l'Esprit de celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts".

Tous les auteurs des Épîtres étaient certainement convertis lorsqu'ils ont écrit ; ils parlent cependant de la venue du Seigneur comme encore à venir. La venue de Christ dans la vie d'un pécheur repentant n'est donc pas sa venue dans le sens eschatologique de ce terme.

3. La destruction de Jérusalem. Il y en a qui croient que la venue de Christ est la destruction de Jérusalem en 70 apr. J.-C. On interprète Mt. 16.28 de cette façon. Nous admettons que la prophétie concernant la destruction de cette ville est étroitement liée aux prédictions concernant le retour de notre Seigneur dans Mt. 24, Mc. 13 et Lu. 21, et que cet événement peut être appelé une venue du Seigneur en jugement, mais nous sommes en même temps forcé de reconnaître les prédictions d'un futur retour personnel du Sauveur. Le livre de l'Apocalypse et 1 Jean ont tous deux été écrits quelques années après la destruction de Jérusalem ; chacun d'eux comporte cependant un nombre de prédictions précises de la seconde venue du Seigneur (1 Jn. 2.28 ; 3.2ss. ; Ap. 1.7 ; 3.11 ; 22.12, 20). Nous pouvons ajouter que, lors de la destruction de Jérusalem, Israël a été dispersé, mais au retour de Christ, Israël sera rassemblé en Palestine.

4. La venue de la mort. Certains ont considéré que Mt. 24.42, "Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra" comme faisant allusion à la fois à la mort et au retour de Jésus-Christ. Il est vrai que lorsque le croyant meurt, le Seigneur prend son âme avec lui, mais il ne faut pas confondre cela avec le retour de Jésus-Christ. Nous ne devons pas appliquer à la mort les passages qui parlent du retour de Christ. En réalité, ce sont deux choses très différentes. Dans la Bible, la mort est traitée comme un ennemi (1 Co. 15.25ss. ; Hé. 2.14ss.), mais le retour du Seigneur est présenté comme une bienheureuse espérance (Tit. 2.13). À la mort, on entre dans la tombe ; au retour du Seigneur, on en sort (Jn. 5.28ss. ; 1 Th. 4.16). Les disciples avaient compris l'allusion du Seigneur à sa venue comme sous-entendant que Jean échapperait à la mort (Jn. 21.21-23). Si la mort et la seconde venue sont la même chose, nous pouvons alors substituer le mot "mort" pour la seconde "venue". Tous ceux qui feront cela dans des passages comme Mt. 16.27ss., 1 Th. 4.16ss. et Ap. 1.7 reconnaîtront l'absurdité d'une telle interprétation.

5. La conversion du monde. Certains pensent que les paroles suivantes du Notre Père : "Que ton règne vienne" (Mt. 6.10) font allusion à la conversion du monde. Ils soutiennent que Christ vient à mesure que le monde accepte les principes de Christ. Mais la Bible enseigne que plusieurs abandonneront la foi dans les derniers jours (Lu. 18.8 ; 2 Th. 2.3-12 ; 1 Ti. 4.1) ; qu'il y aura des temps difficiles (2 Ti. 3.1) ; qu'on ne tolérera pas la saine doctrine et que d'odieuses hérésies seront introduites (2 Ti. 4.1-4 ; 2 Pi. 2.1ss.) ; et que la situation à l'époque de Noé et de Lot prévaudra de nouveau (Lu. 17.26-30). Cela ne ressemble pas tellement à un monde converti à l'époque du retour de Christ. De plus, la Bible présente la venue de Christ comme quelque chose de soudain comme l'éclair (Mt. 24.27), et d'inattendu comme un voleur (Mt. 24.43 ; 1 Th. 5.2), et la résurrection comme ayant lieu "en un clin d'œil" (1 Co. 15.52). Cela non plus ne correspond pas à une conversion graduelle du monde. En outre, la Bible associe une transformation du monde au retour de Christ, mais elle la présente comme se déroulant après l'événement (És. 2.2-4 ; Za. 8.21-23 ; Ac. 15.16-18 ; Ro. 11.12, 25). Nous considérerons de nouveau ce point un peu plus loin, mais il est clair que la venue de Christ n'est pas la conversion du monde.

C. LES ÉTAPES DE LA VENUE DE CHRIST

Celui qui apprend pour la première fois la vérité de la seconde venue de Christ reste perplexe devant les descriptions apparemment contradictoires qu'on en donne. Il lit que Christ viendra pour les siens et qu'il viendra de façon à être vu du monde entier, qu'il jugera les hommes en général et qu'il viendra pour juger les œuvres des croyants. Il apprend également qu'il y aura une résurrection particulière pour les sauvés, un festin de noces, un conflit avec l'Antichrist et ses forces, un emprisonnement de Satan, l'établissement d'un royaume terrestre et un jugement devant le grand trône blanc. Comment peut-il réconcilier toutes ces affirmations ? Quel est l'ordre des événements dans ce tableau composite ? Un grand nombre désespèrent de trouver un programme précis dans ce labyrinthe prophétique, et plusieurs dénoncent même ceux qui pensent pouvoir en arriver à quelque chose de final. Nous croyons que la solution à cette question, c'est qu'il y a deux étapes à sa venue. Nous découvrons donc qu'il viendra dans les airs et que certaines choses se dérouleront dans les airs, et nous trouvons qu'il viendra sur la terre et que certaines choses se dérouleront sur la terre. Il faut faire une différence entre ces deux venues.

1. Sa venue dans les airs. Paul écrit : "Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d'un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur" (1 Th. 4.16ss.). Dans 2 Th. 2.1, il est question de notre réunion avec lui. La même idée est exprimée dans Jn. 14.3 : "Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi." Lors de cette venue, Christ ne vient pas jusque sur la terre, mais il rassemble les siens dans les airs. Les morts en Christ sont ressuscités et les vivants transformés (1 Co. 15.51-54). Cette venue doit être distinguée de sa venue sur la terre.

2. Sa venue sur la terre. Dans Za. 14.4, nous lisons : "Ses pieds se poseront en ce jour sur la montagne des Oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté de l'orient" . Dans Actes 1.11, les hommes vêtus de blanc affirment que Jésus reviendra "de la même manière" qu'ils l'avaient "vu allant au ciel." Il a quitté le mont des Oliviers visiblement, et il reviendra visiblement sur le mont des Oliviers. Dans Mt. 19.28, nous lisons qu'il s'assiéra sur son trône de gloire et que ses douze disciples s'assiéront aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d'Israël. Dans Mt. 24.29-31 ; 25.31-46, sa venue sur terre est sous-entendue. Dans Za. 12.10-14, nous voyons la maison de David, les habitants de Jérusalem et toutes les familles d'Israël encore existantes, se lamenter en voyant celui qu'ils ont percé. Nous lisons dans Ap. 1.7 : "Voici, il vient avec les nuées. Et tout œil le verra, même ceux qui l'ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront à cause de lui." Quand il reviendra sur terre, il reviendra avec les siens (Joë. 3.11 ; 1 Th. 3.13 ; Jud. 1.14). Cela présuppose deux aspects à sa venue : une dans laquelle les siens seront enlevés à sa rencontre et une autre dans laquelle ils reviendront avec lui.

II. LE BUT DE SA VENUE DANS LES AIRS

Nous abordons maintenant l'étude de la première étape de sa venue. Nous nous demandons quel est le but de sa venue dans les airs. Plusieurs réponses peuvent être données.

A. POUR PRENDRE LES SIENS

Jésus viendra pour prendre les siens avec lui. Il a dit : "Je reviendrai, Et je vous prendrai avec moi, afin que là ou je suis vous y soyez aussi" (Jn. 14.3). Jésus désire la communion la plus intime, mais "nous savons qu'en demeurant dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur" (2 Co. 5.6). Quand le croyant s'endort en Jésus, il doit "quitter ce corps" pour "demeurer auprès du Seigneur" (2 Co. 5.8). Mais cela non plus n'est pas la condition idéale, car il n'a pas de corps. Quand Jésus reviendra, il prendra le croyant avec lui sous une forme corporelle. À partir de ce moment, le croyant sera "toujours avec le Seigneur" (1 Th. 4.17). Mais puisque "la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu" (1 Co. 15.50), il est évident que certains changements doivent se produire avant qu'il puisse nous prendre avec lui. C'est ce que nous considérerons maintenant.

1. Les conditions préalables. "Les siens" sont :

Mais d'être avec Christ en esprit n'est pas le but ultime de la rédemption ; Christ a aussi bien racheté le corps que l'âme (Ro. 8.23 ; Ép. 1.14 ; 4.30) et il changera un jour le corps "de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire" (Ph. 3.21). Deux choses sont nécessaires avant qu'il puisse nous prendre avec lui. Premièrement, les morts en Christ doivent ressusciter ; puis, deuxièmement, les vivants doivent être transformés. Regardons ces deux points plus en détail.

1° Les morts doivent ressusciter. Quand le Seigneur descendra du ciel, les morts en Christ ressusciteront (1 Th. 4.16). Parce que Jésus est "la résurrection et la vie" (Jn. 11.25), celui qui croit en lui "vivra, même s'il meurt" (Jn. 11.25). Celui qui croit en lui ne mourra jamais. Paul écrit : "Il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immortalité" (1 Co. 15.53). Ces passages indiquent ce qui se produira dans les croyants lors de sa venue ; les morts seront rendus vivants et les vivants verront leur vie devenir immortelle.

Il n'y a pas de résurrection générale à laquelle tous les morts ressusciteront en même temps. Bien que Jn. 5.28ss. puisse, au premier abord, sembler sous-entendre une résurrection générale, on n'y lit pas que certains sortiront pour la vie et d'autres pour le jugement, mais plutôt que certains sortiront pour une résurrection de vie et d'autres pour une résurrection de jugement. Qu'il soit dit que les deux se produiront en une heure ne présente pas de difficulté. La dernière heure de Jean (1 Jn. 2.18) a déjà duré environ 1900 ans. Il est donc facile de penser à deux résurrections ayant lieu en une heure. Dans Da. 12.2, il semble également être question de deux résurrections corporelles. "Il doit y avoir une résurrection pour la vie et une résurrection pour la mort".1

1 — Young, The Prophery of Daniel, p. 256.

Selon Ap. 20.4-7, il y a mille ans entre la première et la seconde résurrection. Certains ont suggéré que la première résurrection de Ap. 20 est le salut spirituel (voir Jn. 5.24-26), qui est suivi par la résurrection générale. Celui qui a part à la première résurrection (ou résurrection spirituelle) n'a pas à craindre la seconde mort. Cependant les mots employés ne permettent pas cette interprétation. Remarquez les paroles suivantes d'Alford, l'éminent spécialiste de la langue grecque :

Si, dans un passage où deux résurrections sont mentionnées, où certains psuchai exesan à la première, et le reste des nekros exesan seulement à la fin d'une période précise après la première, — si dans un tel passage la première résurrection peut être comprise comme une résurrection spirituelle avec Christ, tandis que la seconde signifie une résurrection littérale du tombeau ; — il n'y a alors plus de signification dans le langage, et la Bible est anéantie en tant que témoignage précis de quoi que ce soit. Si la première résurrection est spirituelle, alors la seconde doit l'être aussi, ce que personne n'osera maintenir, je pense ; mais si la seconde est littérale, alors la première doit l'être aussi, ce que je soutiens, en commun avec toute l'Église primitive et avec un grand nombre des meilleurs interprètes modernes, et que je reçois comme un article de foi et d'espérance.2

2 — Alford, The Greek Testament, IV, p. 732-733.

Nous pouvons ajouter que c'est à cette résurrection (ten exanastasin ten ek nekron) que Paul voulait parvenir (Ph. 3.11) ; il n'avait pas besoin de s'efforcer pour parvenir à la résurrection générale, puisque la Bible montre à plusieurs reprises que tous ressusciteront finalement, qu'ils le désirent ou non.

Mais même dans la première résurrection il y a des étapes. La résurrection de notre Seigneur (1 Co. 15.23), l'enlèvement de l'Église lorsque Christ viendra pour les siens (Jn. 14.3 ; 1 Co. 15.51-54 ; 1 Th. 4.14-17 ; 2 Th. 2.1), la résurrection des deux témoins lors de la tribulation (Ap. 11.11ss.) et la résurrection des saints de l'Ancien Testament et des croyants de la tribulation (Da. 12.2 ; Ap. 20.4ss.) sont toutes des étapes différentes de la première résurrection. Même la résurrection de certains saints lors de la résurrection de Jésus-Christ pourrait être considérée comme faisant partie de ce grand groupe (Mt. 27.52ss.).

2° Les vivants qui croiront en Christ devront être transformées. Après avoir affirmé que les morts en Christ ressusciteront premièrement lorsque le Seigneur descendra dans les airs, Paul ajoute : "Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs" (1 Th. 4.17). Mais vu que "la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu" (1 Co. 15.50), les corps des vivants seront transformés. Paul explique : "Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts en Christ ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés" (1 Co. 15.51ss.). Dans Ph. 3.20ss., Paul avait peut-être les vivants à l'esprit lorsqu'il a écrit : "Mais nous, nous sommes citoyens des cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire..." La nature exacte de ce changement annoncé n'est nulle part révélé, mais la possibilité d'être enlevé sans passer par la mort est illustrée par l'enlèvement d'Hénoc (Ge. 5.24 ; Hé. 11.5) et celui d'Elie (2 Ro. 2.11-18).

La question qui nous vient immédiatement à l'esprit, est celle-ci : tous les sauvés seront-ils pris lors de l'enlèvement ? À cela nous devons répondre que la nature de l'Église semble exiger que tous ceux qui en font partie seront pris. L'Église est un temple (1 Co. 3.16ss. ; 2 Co. 6.16 ; Ep. 2.20s ; 1 Pi. 2.5). Une partie de l'édifice dans lequel habite l'Esprit serait-il laissé derrière ? De plus, l'Église est l'épouse de Christ (2 Co. 11.2 ; Ép. 5.24, 32 ; Ap. 19.6-9). Une partie de cette épouse serait-elle laissée derrière ? Elle est aussi le corps de Christ (1 Co. 12.12-27 ; Ép. 1.22ss. ; 4.12 ; 5.29ss. ; Col. 1.18, 24 ; 2.19). Il ne laissera certainement pas une partie de son corps derrière. Que tous les croyants vivants soient pris lors de l'enlèvement n'est pas plus improbable que le fait que tous ceux qui dormiront en Christ soient ressuscités à ce moment-là. Sur la base de Ph. 3.10ss. : "pour parvenir, si je puis, à la résurrection d'entre les morts", certains avancent que Paul a enseigné une résurrection partielle ; il ne s'agit cependant pas là d'une expression de doute, mais d'humilité et d'espérance. En donnant l'ordre de la résurrection, Paul dit : "Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père" (1 Co. 15.23ss.). Remarquez que "ceux qui appartiennent à Christ" sont tous groupés ensemble comme étant ressuscités en même temps ; il n'y a pas de division parmi eux.

2. La manière. Une lecture attentive des Écritures révèle que le transfert des croyants dans la présence de Christ n'est pas tout ce que comprend le fait que Christ prenne les siens avec lui. C'est cela, mais c'est aussi le fait qu'il prendra ultimement l'Église dans la relation du mariage. L'Église est l'épouse. Elle est maintenant dans la position d'une fiancée (2 Co. 11.2) ; à la fin, Christ fera "paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable" (Ép. 5.27). Jean écrit : "Et j'entendis comme la voix d'une foule nombreuse, comme le bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts coups de tonnerre, disant : Alléluia ! Car le Seigneur, notre Dieu tout-puissant, est entré dans son règne. Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l'Agneau sont venues, son épouse s'est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d'un fin lin, éclatant, pur ; car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints" (Ap. 19.6-8). Jésus-Christ viendra en tant qu'époux pour prendre l'Église comme son épouse. Jean-Baptiste était l'ami de l'époux (Jn. 3.29) et, en tant que tel, il prépara la venue de Christ.

B. POUR JUGER ET RÉCOMPENSER

Ces deux actions sont associées au retour de Christ.

1. Le jugement du croyant. Jésus-Christ viendra pour juger les œuvres des croyants et distribuer des récompenses. Le croyant ne sera pas jugé quant à ses péchés (Jn. 5.24), puisqu'il a déjà été jugé pour eux dans la personne et la croix de Christ (Es. 53.5ss. ; 2 Co. 5.21), et il n'aura pas à en rendre de nouveau compte lors du retour de Christ. Au cours de sa vie, il est toutefois châtié pour les péchés qu'il commet afin de ne pas être condamné avec le monde (1 Co. 5.5 ; 11.32 ; Hé. 12.7 ; voir 2 Sa. 7.14ss. ; 12.13ss.). Mais lorsque Christ reviendra, le croyant sera cependant jugé quant à l'utilisation qu'il a faite des talents (Mt. 25.14-30), des mines (Lu. 19.11-27) et des occasions (Mt. 20.1-16) qui lui ont été donnés. Le salut est un don de Dieu (Jn. 4.10 ; 10.28 ; Ro. 6.23). Quand Jacques dit que nous sommes sauvés par les œuvres (Ja. 2.24), il veut dire par une foi qui produit des œuvres (Ja. 2.22, 26). Paul indique que, bien que nous soyons sauvés par grâce, nous sommes toutefois sauvés pour de bonnes œuvres (Ép. 2.8-10). Autrement dit, le Seigneur a donné aux siens l'occasion d'accumuler des trésors dans le ciel, maintenant qu'ils sont sauvés (Mt. 6.20), afin que "l'entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ... (leur soit) largement accordée" (2 Pi. 1.11).

C'est à l'égard de ces œuvres que le croyant sera jugé lorsque Christ reviendra. Paul écrit : "Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps" (2 Co. 5.10). Il écrit aussi : "Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu" (Ro. 14.10). Et il poursuit en disant : "Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même" (Ro. 14.12). Lorsque Christ viendra, le feu éprouvera nos œuvres ; et si elles sont de bois, de foin ou de chaume, elles seront consumées, nous serons cependant sauvés comme au travers du feu ; si elles sont en or, en argent ou en pierres précieuses, nous recevrons une récompense (1 Co. 3.11-15). Un grand nombre feront sans aucun doute partie de ceux qui seront sauvés mais qui auront peu de récompenses ; d'autres en auront beaucoup. Nous sommes exhortés à demeurer en Christ afin que, lorsqu'il paraîtra, nous n'ayons pas honte lors de sa venue (1 Jn. 2.28). Paul écrit : "Quelle est, en effet, notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N'est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement ?" (1 Th. 2.19).

2. Les récompenses des croyants. Le Seigneur tiendra parole aussi sûrement que pour la question du salut. Nous devons faire remarquer certains points en ce qui concerne les récompenses.

1° D'abord, quelle est la base des récompenses ? Dans la Bible, il nous est dit que plusieurs choses aboutissent à une récompense. En tant qu'intendant des mystères de Dieu (1 Co. 4.1-5), le croyant doit rendre compte de son intendance. Une récompense précise est promise à ceux qui auront été fidèles (1 Co. 4.2) dans l'utilisation des occasions, des talents et des mines qui leur ont été confiés (Mt. 20.1-16 ; 25.14-30 ; Lu. 19.11-27). En tant qu'administrateurs de leurs biens matériels, ils seront récompensés selon la façon dont ils ont utilisé leurs biens (Mt. 6.20 ; Ga. 6.7). Celui qui sème peu moissonnera peu (2 Co. 9.6). De plus, en tant que responsable des âmes des autres, le croyant sera récompensé selon le nombre de personnes qu'il aura conduites à la justice. L'ange a dit à Daniel : "Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité" (Da. 12.3). De la même manière, Paul écrit : "Quelle est, en effet, notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N'est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement ?" (1 Th. 2.19). Parce que nous vivons dans un monde où les gens ont des besoins, nous pouvons faire le bien à tous les hommes et récolter ainsi une récompense (Ga. 6.10). L'hospitalité sera récompensée (Mt. 10.40-42), de même que ceux qui prendront soin des malades et des persécutés (Mt. 25.35-40). Même un verre d'eau froide ne passera pas inaperçu en ce jour (Mt. 10.42). Cela est particulièrement vrai des bontés à l'égard du peuple juif. Et finalement, en tant que victimes dans un monde méchant, les chrétiens seront récompensés pour leur endurance. Nous lisons donc que, lorsque des gens se moqueront de nous, nous persécuteront et diront faussement toute sorte de mal contre nous, notre récompense sera grande dans les cieux (Mt. 5.11ss. ; Lu. 6.22ss.). Si nous souffrons, nous régnerons avec lui (2 Ti. 2.12 ; voir Ro. 8.17). Comme Jacques le promet : "Heureux l'homme qui supporte patiemment la tentation ; car, après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie, que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment" (Ja. 1.12).

2° Quel est le moment des récompenses ? C'est lorsque Christ reviendra que les récompenses seront distribuées (Mt. 16.27 ; Ro. 2.5-10 ; 2 Ti. 4.8 ; Ap. 11.18 ; 22.12). En vue de cela, il n'est donc pas du tout correct de dire, lorsqu'un chrétien meurt, qu'il est allé recevoir sa récompense. Paul a déclaré que ce sera au jour où Christ apparaîtra qu'il recevra sa récompense, et non à sa mort. Ceux qui se sont endormis en Jésus sont maintenant en sa présence, mais ils attendent encore le jour des récompenses.

3° Quelle est la nature des récompenses ? La Bible présente les récompenses qui seront accordées comme une couronne ou un trophée. Il nous est dit que ce sera une couronne incorruptible (1 Co. 9.25), et nous sommes mis en garde de ne pas perdre notre couronne (Ap. 3.11). Les âmes gagnées à Christ seront notre couronne de gloire (1 Th. 2.19). Il y aura la couronne de justice (2 Ti. 4.8), la couronne de vie (Ja. 1.12 ; Ap. 2.10) et la couronne de gloire (1 Pi. 5.4). Peu importe ce que signifie cette image, nous pouvons être certains qu'elle représente un honneur et une gloire éternels dans la présence du Seigneur. Comme partie de la récompense, il y a aussi la promesse de s'asseoir avec Christ sur son trône (Lu. 19.11-27 ; 2 Ti. 2.11ss. ; Ap. 3.21).

C. POUR ENLEVER CELUI QUI RETIENT

Il viendra pour enlever celui qui empêche la révélation de l'homme impie. Paul écrit : "Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne paraisse qu'en son temps. Car le mystère de l'iniquité agit déjà ; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l'impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il écrasera par l'éclat de son avènement" (2 Th. 2.6-8). Deux personnes sont ici mentionnées au moment du retour de Christ : celui qui retient, et qui doit disparaître, et l'impie, qui doit être détruit par le souffle de la bouche de Christ. Paul nous dit que le mystère de l'iniquité agissait déjà à son époque, mais "ce qui le retient" et "celui qui le retient" entravaient le plein développement de l'iniquité.

Qui (ou quoi) est celui (ou ce) qui retient ? Certains y voient le pouvoir de la loi et de l'ordre à freiner le mal. D'autres considèrent qu'il s'agit du gouvernement de l'homme ; d'autres encore l'identifient à Satan lui-même. Il est certainement vrai que le gouvernement met un frein au mal, mais peut-on dire cela d'un mauvais gouvernement ? Et Satan ne restreint certainement pas le mal.

Dans Ge. 6.3, le Saint-Esprit est présenté comme luttant avec l'humanité mauvaise à l'époque de Noé, et il est dit qu'il "ne contestera pas à toujours avec l'homme" (Darby). Quand il cessa de s'opposer à la méchanceté de l'homme, les jugements de Dieu s'abattirent sur le monde. Il semble que ce soit également lui qui retient à la fin des temps, où les jours de Noé seront répétés. C'est souvent par l'Église qu'il freine le mal ; car, à cause de sa présence en eux, les croyants sont le sel de la terre et la lumière du monde (Mt. 5.13-16). Quand l'Église sera enlevée, le sel et la lumière disparaîtront. Pendant une brève période après l'enlèvement, jusqu'à ce que des gens se tournent vers le Seigneur, il n'y aura aucune personne sauvée sur la terre. L'Église mettra évidemment fin à son ministère particulier pour freiner le mal. La corruption et les ténèbres se développeront alors rapidement ; l'iniquité abondera et l'impie sera révélé. Le Saint-Esprit continuera d'être sur la terre comme il l'a été à l'époque de l'Ancien Testament, mais non dans le sens particulier dans lequel il l'est au cours de l'époque actuelle. Avant le jugement final, Satan et ses comparses doivent avoir une grande autorité sur cette terre. La venue de Christ enlèvera celui qui empêche le développement de l'iniquité et retarde le programme des derniers jours.

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