Synonymes du Nouveau Testament

64.
Δίκτυον, ἀμφίβληστρον, σαγήνη
Filet, épervier, chalon

Δίκτυον (« rete »), du vieux mot δικεῖν, jeter, qui réapparaît dans δίσκος, disque, est le terme le plus général pour toutes espèces de filets et peut inclure le filet de chasse et le filet qui sert à prendre les oiseaux (Proverbes 1.17), aussi bien que le filet à prendre le poisson, quoique δίκτυον soit employé dans le N. T. (Matthieu 4.20 ; Jean 21.6) seulement dans cette dernière acception. Souvent la version des Septante s’en sert dans ce sens figuré dans lequel St. Paul emploie παγίς (Romains 2.9 ; 1 Timothée 3.7), et même il lui est associé (Job 18.8 ; Proverbes 29.5).

Ἀμφίβληστρον et σαγήνη sont différentes espèces de filets à pêcher ; ils sont nommés ensemble dans Habakuk 1.15 ; et dans Plutarque (De Sol. Anim. 26), qui unit γρῖπος à σαγήνη, ὐποχή à ἀμφίβληστρον. Ἀμφίβληστρον qui se trouve seulement dans le N. T., Matthieu 4.18 et Marc 1.16 ; cf. Ecclésiaste 9.12 ; Psaumes 140.10 (ἀμφιβολή, Oppien) — c’est l’épervier, le filet que l’on jette, « jaculum », i. e. « rete jaculum » (Ovid., Art. Am. 1.173) ou « funda » (Virgil., Georg. 1.141), et qui, lorsqu’il est adroitement lancé par dessus l’épaule soit du rivage soit du bateau, retombe circulairement (ἀμφιβάλλεται) sur l’eau, et alors, s’enfonçant rapidement par le poids des plombs qui y sont attachés, enveloppe tout ce qui est au-dessous de lui. Sa forme circulaire, semblable à une cloche, le rendait propre à prendre les moustiques, et Hérodote (2.95) nous dit que les pêcheurs égyptiens s’en servaient de cette manière ; mais voyez Blakesley, Herodotus, in loc. Le vêtement dans les plis mortels duquel Clytemnestre enveloppa Agamemnon, est appelé ἀμφίβληστρον (Æschyl., Agamem. 1353 ; Choëph. 490) ; ainsi que la chaîne qui attachait Prométhée à son rocher (Prom. Vinct. 81).

Σαγήνη, qui ne paraît que dans Matthieu 13.47 : cf. Ésaïe 19.8 ; Ézéchiel 26.8 vient de σάττω, σέσαγα, « onero » et désigne le long filet traînant (« vasta sagena », comme l’appelle Manilius) ; on en porte les bouts par le moyen de bateaux, de manière à renfermer un grand espace en pleine mer, puis on rapproche ces bouts, et alors tout ce qui se trouve renfermé dans l’intérieur est pris. La Vulgate a rendu σαγήνη par « sagena » ; de là « seine » ou « sean », nom que porte ce filet dans le comté de Cornouailles, sur les côtes duquel il est fort en usaged.

dSagena a donné également au français le mot seine, diminutif seinette ; mais le mot propre employé pour everriculum est chalon ou traîneau. Dr A. Scheler.

En latin classique il est appelé « everriculum » (Cicéron, jouant sur le nom de Verres, l’appelle « everriculum in provincia. »), parce que ce filet balaie le fond de la mer. Par le fait que c’était ainsi un πάναγρον ou ramasse-tout (Homer., Il. 5.487), les Grecs ont donné le nom de σαγηνεύειν à un stratagème à l’aide duquel on rapporte que les Perses parvinrent à balayer une île conquise de tous ses habitants (Herodot. 3.149 ; 6.31 ; Plato, Leg. 3.698.d). Virgile décrit en deux vers la pêche au moyen de l’ἀμφίβληστρον et de la σαγήνη, chaque mot dans chaque vers désignant avec précision le filet qu’il indique (Georg. 1.141) :

Atque alius latum funda jam verberat amnem
Alta petens, pelagoque alius trahit humida lina.

C’est donc bien à propos que notre Seigneur se sert de σαγήνη dans la parabole (Matthieu 13.47) où il dévoile l’étendue et le caractère envahissant de son futur royaume. Ni ἀμφίβληστρον, ni même δίκτυον, (qui aurait pu ne rien dire de plus qu’ἀμφίβληστρον), n’auraient traduit l’idée aussi bien que σαγήνη.

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