Le servir dans sa présence

FRANC-JEU

Tel que je suis, sans rien à moi,
Agneau de Dieu, je viens…

Une maman rappelait pour moi un souvenir de sa prime enfance, mais toujours vivant dans son esprit. Avait-elle trois, quatre ans ? « Ce jour-là, me dit-elle, un monsieur en redingote, l’air distingué, rendait visite à mes parents. Et comme c’est vers lui que convergeaient les regards et que se portait l’intérêt de chacun, j’étais vexée de passer inaperçue, très consciente qu’on m’oubliait. Tandis qu’il parlait, je m’approchai de lui pour tenter de revenir sur le devant de la scène ; je posai brusquement mon livre sur ses genoux pour l’obliger à me regarder, puis je fis semblant de lire ‘comme une grande’. Bon papa, le monsieur me regarda avec indulgence, esquissant un sourire qui en disait long ; il paraissait même s’émerveiller de ma précocité… mais il n’était pas dupe. Ah ! Que j’étais sotte de prétendre lui faire croire que je savais lire ! »

N’avez-vous jamais été tenté d’imiter la fillette lorsque vous vous tenez près du Seigneur ? Nous cherchons parfois à lui faire croire que nous sommes pieux et digne de toute bénédiction. Quelle stupide intention qui ne peut que l’irriter. Puisqu’il connaît tout sur notre compte, même nos pensées les plus secrètes, pourquoi lui présenter un visage qui n’est pas le nôtre ? Pourquoi ne pas jouer franc-jeu avec lui ?

Votre cœur est-il desséché ? Vous ne ressentez aucun intérêt pour la prière ? Alors, sans frauder, dites-lui : « Seigneur, je n’ai pas envie de prier. Je n’y trouve aucun intérêt. Le culte que je prétends te rendre tous les matins est une réelle corvée pour moi. Je me sens hypocrite. Bien des fois et en toute sincérité je me suis appliqué à chercher ta face mais pour n’aboutir à rien, avec la pénible impression de perdre mon temps. » Ici, je tiens à vous rassurer : Votre aveu lui sera sensible car il aime la vérité au fond du cœur (Psaumes 51.8). Donc il ne vous rejettera pas.

Si la crainte des hommes vous paralyse et vous empêche de confesser librement son nom, avouez-le sans hésiter ; ce qui compte, c’est que vous soyez déterminé, par sa grâce, à Le faire connaître autour de vous. Etes-vous assailli par des pensées impures que vous prenez plaisir à cultiver ou que vous ne parvenez pas à maîtriser ? Etes-vous grincheux de nature, souvent maussade, insatisfait, gémissant et envieux, bavard et médisant… que sais-je encore ?… alors, sans indulgence, reconnaissez et avouez ces choses au Seigneur, en vous fondant sur la promesse de 1 Jean 1.9. Acceptez-en la purification sans vous laisser culpabiliser un instant de plus pourvu que vous soyez déterminé à en finir avec le péché que vous dénoncez. Et s’il vous arrive de tomber dans les mêmes travers alors que vous avez déjà et maintes fois supplié l’intervention du ciel, persévérez dans la foi, sans vous laisser décourager ou accuser. Dites tout à Jésus, avec le réel désir de marcher en nouveauté de vie pour lui plaire.

Surtout, ne tournez pas autour de vos échecs. Ne passez pas votre temps les yeux fixés sur vos chutes, à ressasser vos manquements et vos faux-pas. Si c’est votre tendance et s’il vous arrive de confesser plusieurs fois la même faute, alors sachez que d’y revenir sans cesse est pure incrédulité. C’est oublier que Dieu a promis à plusieurs reprises dans l’Ecriture de ne plus se souvenir de vos péchés (Jérémie 31.33-34 ; Hébreux 8.12 ; 10.17). Pensez plutôt aux innombrables sujets de reconnaissance que vous devriez mémoriser afin de vivre heureux, dans une atmosphère de joie et de louange. Célébrez-le. Bénissez son nom ! Car l’Eternel est bon ; sa bonté dure toujours, et sa fidélité de génération en génération (Psaumes 100.4-5).

Enfin, cessez de vous imaginer que la bénédiction est proportionnelle au temps passé dans la présence de Dieu, au degré de ferveur manifesté devant lui. Votre journée ne sera pas forcément ratée si, pour de justes motifs, vous avez manqué votre rendez-vous du matin. Et s’il y a eu négligence, oubli, dites-le lui simplement, puis repartez en sa compagnie, assuré de son pardon. L’essentiel, c’est le fait que Dieu voit au fond de votre cœur la ferme détermination de tenir bon ainsi que la confiance que vous lui faites pour échapper à vos tendances fâcheuses…

Je sais que les exigences de Dieu vous paraîtront pénibles si Dieu est à l’étroit dans votre cœur et y tient trop peu de place. Toutefois, s’il intervient en vous par le Saint-Esprit, l’atmosphère de votre vie changera et ses commandements deviendront « légers » et feront votre joie. C’est pourquoi faites vôtre la prière du psalmiste : Elargis mon cœur et je courrai dans la voie de tes commandements (Psaumes 119.32). Surtout, ne vous laissez pas accuser par l’Adversaire qui vous épie pour vous éloigner de Dieu. Il faut savoir que ce n’est pas ici-bas que vous atteindrez la perfection ; l’essentiel est que vous courriez constamment pour atteindre ce but, les regards de la foi fixés sur Jésus (Hébreux 12.3).


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Oui, pénétrez-vous de cette pensée : Dieu accorde la capacité d’accepter sa volonté, aussi difficile soit-elle, jusqu’à nous la rendre bonne, agréable et parfaite (Romaïns 12.2). C’est pourquoi, s’il m’en coûte d’obéir au Seigneur, je m’écrierai avec foi : « Seigneur je redoute d’accomplir ce que tu me demandes ; mais puisque tu en as fait la promesse, veuille me rendre capable de vouloir ce que tu veux. Accorde-moi cette grâce car je tiens — oui, je tiens résolument — à te rester soumis pour ta gloire. »

Retenons et apprenons par cœur cette parole de la Bible qui nous concerne, vous et moi : Que le Dieu de paix vous dispose à faire le bien sous toutes ses formes et vous rende capables d’accomplir sa volonté ; qu’il réalise en vous ce qui lui est agréable par Jésus-Christ auquel soit la gloire au siècle des siècles (Hébreux 13.21 – transcription Kuen).

O Dieu ! triomphe de moi chaque fois que ma volonté se cabre devant la tienne.

Courage donc puisque Dieu veut produire en moi le vouloir et le faire selon son bon plaisir (Philippiens 2.13) !

Vous n’aimez pas prier, dites-vous, ni donner du temps à sa personne adorable… Qu’à cela ne tienne. C’est lui qui produira en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir… si vous êtes déterminé à y parvenir dans la foi.

Vos pensées vagabondent-elles, vous détournent-elles de Dieu ? Il a le pouvoir de les capter et de chasser l’adversaire de votre esprit assiégé. Comme il l’a promis, le Seigneur produira en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Attendez-vous à lui, assuré de sa victoire.

La haine est-elle dans votre cœur ? Refusez-vous de pardonner à ce frère qui vous a fait du tort ? Ne dites pas : « Je ne parviens pas à oublier », mais tournez vos regards vers Jésus le consommateur de la foi. Tenez bon et, selon sa parole, Dieu produira en vous le vouloir et le faire. Il vous rendra capable d’aimer et de bénir celui qui vous éprouve, si tel est votre ardent désir.

Si l’impureté vous harcèle, si vous vous êtes complu dans vos rêves souillés, dites-le au Seigneur en réclamant la purification de votre esprit par le sang de la croix. La promesse d’une pleine victoire demeure. Et comme l’affirme l’apôtre, le Dieu en qui vous vous confiez avec détermination produira en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir.…

Enseigne-moi à faire ta volonté car tu es mon Dieu (Psaumes 143.10).


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PRÉTEXTES

Voici quelques prétextes souvent formulés pour justifier une vie de prière déficiente. Sans doute les réponses données ci-dessous seront-elles utiles à plusieurs de nos lecteurs.

Lorsque je m’approche de Dieu, j’ai l’impression qu’un mur se dresse entre lui et moi. C’est pour cette raison que j’hésite à chercher sa face.

Quand donc cesserez-vous de considérer vos impressions et de jauger votre prière en fonction de ce que vous ressentez ou ne ressentez pas ? Les impressions sont choses floues. N’est-ce pas Satan qui vous perturbe par son haleine fétide, lui qui serait trop heureux de vous tenir éloigné du Seigneur ? Le Dieu lumière n’est pas le Dieu du clair-obscur. Une bonne fois pour toutes, sachez que vous avez une libre entrée dans le sanctuaire au moyen du sang de Jésus (Hébreux 10.19). Celui qui a renversé le mur de séparation par son sacrifice (Ephésiens 2.14) ne veut surtout pas que vous le rétablissiez. C’est pourquoi « trouez le mur » et approchez-vous avec assurance du trône de la grâce (Hébreux 4.16). C’est une attitude conforme à l’Ecriture.

Approchez-vous de Dieu et il s’approchera de vous (Jacques 4.8).

Mais n’y aurait-il pas quelque infidélité qui expliquerait le malaise que je ressens lorsque je cherche sa face ?

Ici, vous tenez le langage des chrétiens tellement scrupuleux qu’ils sont devenus une proie facile pour l’Accusateur. Je vous en conjure, cessez de vous « introspecter ». Ce moi incurable qui bronche toujours, regardez-le donc « comme mort », sachant que vous vivez pour le Seigneur (Romains 6.11). Au lieu de chercher vos fautes (Satan ne se privera pas de vous en révéler du matin au soir, si bien que vous n’oserez plus vous approcher du Seigneur), laissez plutôt au Saint-Esprit le soin de vous convaincre et de dénoncer — s’il y en a un — l’obstacle à une vraie communion ; mais surtout ne vous substituez pas à lui en prétendant jouer son rôle. A vous de marcher dans la lumière, toujours ouvert à l’action de l’Esprit, déterminé à obéir à sa voix chaque fois que vous vous approchez de lui.

Ce qui me désespère et m’attriste, c’est de voir mon esprit vagabonder lorsque je prétends l’invoquer. Je me surprends bien souvent à penser à des choses bien éloignées de ce que je suis en train de lui dire. Prier seulement du bout des lèvres me désole et me culpabilise.

Surtout que ce motif n’en soit pas un pour déserter la prière. Devant Dieu, reconnaissez ce travers et demandez-lui, avec détermination, la grâce de penser à ce que vous dites. Assuré de son secours, concentrez-vous plutôt sur la personne du Seigneur. Vous devez savoir que Jésus est là, à vos côtés. Pensez à lui, non à vos pensées. Devant un haut personnage, la conversation ne s’égare pas. Encore moins les pensées.

Au bout de quelques minutes, je ne sais plus que dire au Seigneur. Je suis à court d’idées. Et, de plus, je ne suis pas certain qu’il s’intéresse à mes paroles. J’ai si peu de choses valables à lui exposer !

Cela ne devrait pas vous étonner puisque l’Ecriture elle-même déclare que nous ne savons pas ce qui convient de demander dans nos prières (Romains 8.26). Rassurez-vous donc et reconnaissez que Dieu, lui, sait, à l’avance, ce dont vous avez besoin (Matthieu 6.8). C’est pourquoi, ne vous hâtez pas d’ouvrir la bouche et, surtout, gardez-vous de multiplier les phrases. S’il le faut, restez silencieux devant lui, puis bénissez-le, conscient que le Saint-Esprit, par des soupirs inexprimables, intercède en votre faveur et obtient tout ce qui vous est nécessaire. N’est-ce pas là, déjà, un beau sujet de reconnaissance ?

La prière ne m’apporte pas la joie que je m’attendais à y trouver. Je voudrais tellement être porté par elle et connaître les émotions profondes qu’éprouve celui qui se tient dans la présence du Seigneur.

Halte-là ! Qui vous a dit que VOTRE prière vous porterait, que vous connaîtriez, à chaque rencontre, des états d’âme merveilleux ? En réalité, vous vous recherchez dans vos prières et vous êtes surtout préoccupé de VOTRE joie et non de la joie de Dieu. Autrement dit, vous venez pour vous d’abord, ce qui attriste le Seigneur. Voulez-vous être béni… ? Alors consentez à « mourir à vous-même » et soyez tout entier désireux de plaire à votre Maître. Quand il le jugera bon, le Dieu souverain vous donnera d’expérimenter l’ineffable. En tout cas, si vous ne ressentez rien, bénissez-le quand même, sachant que la louange lui est agréable plus que les sacrifices les plus coûteux (Psaumes 69.31, 32).

QUESTIONS

  1. Etes-vous déçu et découragé en réalisant que votre vie spirituelle est si médiocre, manquant de ferveur et d’intérêt pour son Royaume ? Y-a-t-il longtemps que vous vous culpabilisez ainsi ?
  2. Voulez-vous, une bonne fois pour toutes, confesser et abandonner votre paresse ou votre insoumission en acceptant le pardon de Dieu et sa purification par le sang de Christ (1 Jean 1.9) ?
  3. Voulez-vous maintenant vous confier sans réserve en Celui qui peut et veut produire en vous le vouloir et le faire selon son bon plaisir ? Bénissez-le pour sa victoire sans douter, Lui qui veut changer l’atmosphère de votre vie.

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