Comme Christ

DIX-HUITIÈME JOUR
Dans son recours aux Écritures

« ... Qu'il fallait que tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse et dans les prophètes et dans les psaumes fût accompli. » Luc 24.44.

C'est à l'usage que Jésus faisait des Ecritures qu'il devait en grande partie ce qu'il accomplissait ici-bas. Elles lui étaient le chemin frayé qu'il devait suivre, la nourriture et la force dont il avait besoin pour travailler, ainsi que les armes propres à terrasser tout ennemi. Pendant toute sa vie, et jusque dans sa passion, les Ecritures lui furent indispensables, car, du commencement à la fin, sa vie fut l'accomplissement de ce qui avait été « écrit de lui dans le volume du livre ». (Psa. 40.8).

A peine est-il nécessaire d'en donner des preuves. Dans la tentation au désert, c'est par son : « Il est écrit » qu'il a vaincu Satan. Dans ses conflits avec les pharisiens, il en appelait sans cesse à la Parole de Dieu : « Que dit l'Ecriture ? » « N'avez-vous pas lu ? » « N’est-il pas écrit ? » Dans ses conversations avec ses disciples, c'était toujours par les Ecritures qu'il prouvait la nécessité de ses souffrances et de sa résurrection : « Comment donc s'accompliraient les Ecritures ?  » (Mat. 26.54). Puis, quand il s'adresse à son Père à la fin de la passion, c'est en employant les paroles de l'Ecriture qu'il se plaint d'être abandonné, et qu'il remet son esprit entre les mains du Père. Tout ceci est riche d'enseignement. Jésus était lui-même la Parole vivante. Il avait en lui l'Esprit sans mesure. Mieux que personne il aurait pu se passer de la Parole écrite ; et pourtant nous voyons qu'elle est tout pour lui. Il nous montre ainsi que la vie de Dieu en l'homme est inséparablement liée à la Parole de Dieu formulée par le langage humain. Jamais Jésus n'eût été ce qu'il fut, n'eût pu faire ce qu'il fit, s'il ne s'était laissé conduire à chaque pas par la Parole de Dieu, s'appuyant toujours sur elle.

Cherchons à le bien comprendre. La Parole de Dieu est plus d'une fois comparée à une semence ; nous savons ce qu'est une semence.

C'est cet admirable organisme dans lequel la vie, l'essence invisible d'une plante ou d'un arbre est si bien concentrée, qu'elle peut être transportée ailleurs pour reproduire la vie du même arbre. Cette semence peut servir à deux fins : Ou nous la mangeons, comme le blé dont on fait le pain, et alors cette vie de la plante devient notre nourriture, notre propre vie; ou bien nous la plantons et dans ce cas, la vie de la plante se reproduit et se multiplie. Sous ces deux aspects, la Parole de Dieu est une semence. La vie véritable ne se trouve qu'en Dieu. Mais cette vie ne peut nous être communiquée qu'en s'offrant à nous sous une forme qui nous permette de la saisir. C'est dans la Parole de Dieu que la vie de Dieu, que ses pensées, ses sentiments et sa puissance revêtent une forme pour se mettre à notre portée et passer en nous. Sa Parole est une semence de vie divine. Elle nous est pain de vie et nourriture. Quand nous mangeons notre pain quotidien, notre corps absorbe la nourriture telle qu'elle a été préparée dans le grain de blé par la nature, par la terre et le soleil. Nous, nous l'assimilons si bien qu'il devient une partie de nous-mêmes et de notre vie. Quand nous nous nourrissons de la Parole de Dieu, la vie divine entre aussi en nous et devient une partie de nous-mêmes, la vie de notre vie.

Elle nous est aussi une semence. Les Paroles de Dieu se sèment dans le cœur, elles ont une vertu divine de reproduction et de multiplication. La vie même que renferme chacune d'elles, la pensée de Dieu, ses dispositions à notre égard prennent racine dans le cœur du croyant et s'y développent. Les Paroles de Dieu sont ainsi les semences de la plénitude de la vie divine en nous.

Quand le Seigneur Jésus se fit homme, il se soumit en toutes choses à la Parole de Dieu. Sa mère la lui enseigna; les docteurs de Nazareth l'en instruisirent ; par la méditation et la prière, par l'exercice de l'obéissance et de la foi, il fut amené à la comprendre et à se l'appliquer pendant ses années de préparation. La Parole du Père était pour le Fils la vie de son âme, et ce qu'il disait dans le désert était l'expression de son expérience : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». (Mat. 4.4). Il savait ne pouvoir vivre qu'autant que la Parole lui apportait la vie du Père. Toute sa vie était une vie de foi qui dépendait de la Parole du Père. Elle ne lui tenait pas lieu du Père, mais elle était le canal qui lui communiquait la vie de Dieu; aussi son esprit et son cœur en étaient si pleins que toujours le Saint-Esprit trouvait en lui le texte biblique tout prêt à citer lorsqu'il venait lui en suggérer l'opportunité.

Enfant de Dieu, si vous voulez devenir un homme de Dieu d'une foi ferme, richement béni, et abondant en fruits à la gloire de Dieu, faites de la Parole de Dieu votre nourriture. Qu'elle habite en vous, qu'elle remplisse votre cœur, croyez-la, obéissez-lui. Ce n'est que par la foi et l'obéissance que la Parole peut entrer en nous. Ecoutez-la jour après jour comme si elle sortait à l'instant même de la bouche de Dieu, pour s'adresser à vous. Qu'elle vous soit la Parole du Dieu vivant, le moyen dont il se sert pour se mettre en relation avec ses enfants et leur parler avec puissance de vie. Ne tirez ni de l'Eglise, ni des chrétiens qui vous entourent, vos convictions quant à la volonté de Dieu, quant à son œuvre et ses desseins à votre égard ou à l'égard du monde, mais puisez-les directement dans la Parole que vous adresse le Père, et comme Christ , vous pourrez aussi accomplir tout ce qui vous concerne dans les Ecritures.

Christ se retrouvait souvent dans les Ecritures, voyant là son image et sa ressemblance. Il s'attachait alors à accomplir ce qu'il y voyait écrit, puisant en elles une force nouvelle pour le travail le plus difficile aussi bien que pour les plus grandes souffrances. Partout il y trouvait écrit de la main de Dieu : Par la souffrance à la gloire. Aussi n'avait-il d'autre désir que celui d'être ce que le Père avait dit de lui, de faire correspondre sa vie au portrait que traçait de lui la Parole de Dieu.

Disciple de Jésus : dans les Ecritures se trouve aussi ton portrait, le portrait de ce que le Père veut que tu sois. Cherche à en recevoir l'impression nette et profonde; tu en retireras une force surhumaine pour vaincre toute difficulté. Savoir que tout est ordonné de Dieu, pouvoir se dire : j'ai vu ce qui est écrit de moi dans le livre de Dieu, j'ai vu le portrait de ce que je dois être selon la décision de Dieu : voilà d'où naît la foi qui conquiert le monde.

Notre Seigneur Jésus retrouvait son image non seulement dans les institutions de la Bible, mais aussi dans les croyants de l'Ancien Testament : Moïse, Aaron, Josué, David et les prophètes étaient tous des types du Seigneur. Dans le Nouveau Testament c'est Jésus qui est le type des croyants. C'est lui qui nous offre l'exemple de ce que nous devons être ici-bas. Pour être « transformés à son image de gloire en gloire comme par l'esprit du Seigneur » (2 Cor. 3.18), il faut que nous contemplions cette image dans le miroir des Ecritures ; pour que le Saint-Esprit fasse son œuvre en nous, il faut que nous voyons en Christ et dans chaque trait de sa vie la promesse de ce que nous pouvons devenir, nous aussi.

Heureux le chrétien qui sait le faire, qui non seulement a trouvé Jésus dans les Ecritures, mais qui a vu en lui la promesse et l'exemple de ce qu'il doit être lui-même. Heureux le chrétien qui apprend du Saint-Esprit à ne pas s'arrêter aux interprétations humaines de l'Ecriture, mais à recevoir avec simplicité ce qu'elles lui révèlent des plans de Dieu pour ses enfants.

Enfant de Dieu, c'est selon les Ecritures que Jésus-Christ vécut et qu'il mourut, c'est selon les Ecritures qu'il ressuscita et c'est parce qu'il connaissait les Ecritures et leur obéissait, qu'il lui fut possible d'accomplir tout ce que les Ecritures disaient de sa vie et de sa passion ; aussi le Père fit pour lui tout ce que lui promettaient les Ecritures. Toi, de même, adonne-toi sans partage à étudier dans les Ecritures ce que Dieu dit et veut de toi. Que les Ecritures où Jésus puisa chaque jour sa nourriture soient aussi ta nourriture quotidienne. Retourne chaque jour à la Parole de Dieu avec la joyeuse confiance que par l'Esprit saint la Parole remplira son divin mandat à ton égard. Chacune des paroles de Dieu est pleine de force et de vie. Sois donc certain que si tu cherches à user des Ecritures comme Christ le faisait, elles seront aussi pour toi ce qu'elles étaient pour lui. Dieu a tracé dans sa Parole le plan de ta vie. Chaque jour tu en trouveras là quelque portion, et Dieu lui-même veillera à l'accomplir en toi, si, comme son Fils, tu veux en faire le but de ta vie.

Seigneur, mon Dieu, je te remercie de ta précieuse Parole, divin miroir de toutes les vérités invisibles et éternelles. Je te remercie de ce que ta Parole me donne l'image de ton Fils qui est lui-même ton image, et qui est aussi, ô grâce ineffables mon image à moi. Je te remercie de ce que, regardant à lui, je vois ce que je puis être, moi aussi.

O mon Père, fais-moi bien comprendre de quelle bénédiction peut être pour moi ta Parole.

Pour ton Fils, elle était ici-bas l'expression, de ta volonté, la communication de ta vie et de ta force, le moyen de s'entretenir avec toi. C'était en écoutant ta Parole, c'était en se soumettant à ce qu'elle lui disait, qu'il pouvait accomplir ta volonté. Que ta Parole soit tout cela pour moi aussi. Veuille chaque jour l'éclairer pour moi de ton Saint-Esprit afin qu'elle me soit la Parole sortant de la bouche de Dieu, la voix de ta présence même s'adressant à moi. Que dans tout ce qu'elle me dira je sente que Dieu me donne là quelque chose de sa propre vie. Apprends-moi à la garder dans mon cœur comme une divine semence qui, au temps voulu, germera en moi pour reproduire dans toute sa réalité divine la vie qu'elle recelait, tandis que je n'avais d'abord su voir en elle que l'expression de la pensée. Enseigne-moi surtout, ô mon Dieu, à trouver en elle celui qui en est le centre et l'essence même, celui qui est la Parole éternelle, car le trouvant lui, et me sachant en lui, j'apprendrai, comme lui, à voir dans ta Parole ma nourriture et ma vie. Je te le demande, ô mon Dieu, au nom de Jésus-Christ. Amen.

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