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Bible de Jérusalem

Jean 1.14

14 Et le Verbe s’est fait chairk
et il a campé parmi nous,l
et nous avons contemplé sa gloire,m
gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré,
plein de grâce et de vérité.n

k Cf. 1 4.2 ; 2 7 ; Rm 1.3. — La « chair » désigne l’humanité dans sa condition de faiblesse et de mortalité, Gn 6.3 ; Ps 56.5 ; Isa 40.6-8 ; 3.6 ; 17.2. En revêtant notre humanité, le Verbe de Dieu en a assumé toutes les faiblesses, y compris la mort, Ph 2.6-8.

l Verbe grec eskènôsen , cf. skènè , « tente ». Allusion à la Tente « mishkân » qui, lors de l’Exode, symbolisait la présence de Dieu, Ex 26.1, présence rendue manifeste par l’irruption de la gloire de Dieu en elle lors de son inauguration, Ex 40.34-35. Le Verbe, Unique-Engendré du Père, en qui réside le Nom redoutable « Je suis », Ex 4.14-15 ; 8.24, resplendissant de cette gloire qu’il tient du Père, réalise dans l’Alliance nouvelle cette présence divine qui doit assurer le salut du peuple de Dieu, Ex 34.9. Il est vraiment l’Emmanuel, « Dieu avec nous », annoncé par Isa 7.14 ; Mt 1.23.

m La gloire était le gage de la présence de Dieu, Ex 24.16. Il était impossible de la voir en elle-même, Ex 33.20, mais elle se manifestait grâce aux prodiges accomplis par Dieu en faveur de son peuple, Ex 15.7 ; 16.7. Il en sera de même du Verbe incarné dont les « signes » manifestent la gloire, 2.11 ; 11.40, en attendant le « signe » par excellence de la Résurrection, 2.18-19 ; 17.5. De même aussi que la gloire de Dieu se reflétait sur le visage de Moïse après la théophanie du Sinaï, Ex 34.29, 35, ainsi le visage du Christ resplendit lors de la Transfiguration (analogue à la théophanie du Sinaï ; cf. Mt 17.1), et ses disciples ont pu ainsi voir le reflet de sa gloire, Lc 9.32 ; 2 P 1.16-18.

n La formule correspond à celle de Ex 34.6 « riche en grâce et en fidélité », dans la définition que Dieu donne de lui-même à Moïse. Au régime de la Loi succède celui de l’amour indéfectible de Dieu, qui se manifeste dans le Christ, 1.17.

Jean 1.18

18 Nul n’a jamais vu Dieu ;
le Fils Unique-Engendré,p
qui est dans le sein du Père,
lui, l’a fait connaître.

p Dans la Bible, l’expression « fils de Dieu » n’avait pas un sens transcendant et pouvait désigner soit des membres du peuple de Dieu, Os 2.1, soit son roi, Ps 2.7 ; 2 Sm 7.14, soit le juste persécuté qui attend le secours de Dieu, Sg 2.16-18 ; Mt 4.3. Jean l’admet aussi, 10.32-36, et c’est pourquoi il adopte l’expression « Unique-Engendré », 1.14, 18 ; 3.16, 18 ; 1 4.9, qui n’offre aucune équivoque, cf. Pr 8.24. — Var. « un Dieu Unique-Engendré ».

Jean 3.16

16 Car Dieu a tant aimé le mondew
qu’il a donné son Fils, l’Unique-Engendré,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais ait la vie éternelle.

w La section 3.16-21 a son parallèle en 12.46-50. Un même thème johannique (la venue de la lumière dans le monde, cf. 3.19 ; 12.46) s’est développé de deux façons différentes. Ici, Jésus est présenté comme le Fils de Dieu (v. 17), son Unique-Engendré (v. 18). En 12.46-50, qui glose Dt 18.15, 18, Jésus est simplement présenté comme le nouveau Moïse.

Jean 3.18

18 Qui croit en lui n’est pas jugé ;
qui ne croit pas est déjà jugé,
parce qu’il n’a pas cru
au nom du Fils Unique-Engendré de Dieu.