2 Rejetez donc toute malice et toute fourberie, hypocrisies, jalousies et toute sorte de médisances.
n La naissance, 1.23, est suivie d’une croissance, due elle aussi à la Parole dont les chrétiens se nourrissent avec avidité.
4 o Approchez-vous de lui, la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie, précieuse auprès de Dieu.
o Le passage suivant, vv. 4-10, est marqué par le souvenir d’Ex 19. Le peuple saint ancien s’est constitué autour du Sinaï, mais il ne pouvait en approcher. Le nouveau peuple se constitue autour d’un autre Rocher, la Pierre, dont on peut s’approcher, v. 4. De même, aux sacrifices qui avaient scellé l’ancienne Alliance (Ex 24.5-8) se superposent les sacrifices spirituels des chrétiens, v. 5. — De plus l’image de la croissance fait place à celle de la construction. Jésus lui-même, Mt 21.42, s’était comparé à la pierre rejetée, Ps 118.22, puis choisie par Dieu, Isa 28.16. Les chrétiens, pierres vivantes, v. 5, comme lui, v. 4, « se construisent » en une demeure spirituelle, 1 Co 3.16-17 ; 2 Co 6.16 ; Ep 2.20-22, où ils rendent à Dieu par le Christ un culte digne de lui, Jn 2.21 ; Rm 1.9 ; He 7.27.
7 À vous donc, les croyants, l’honneur, mais pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée les constructeurs, celle-là est devenue la tête de l’angle,
p Littéralement « c’est pour cela qu’ils ont été établis ». En rejetant l’Évangile, les Juifs ont perdu leurs prérogatives, désormais transférées aux chrétiens, 3.9 ; Ac 28.26-28, cf. Jn 12.40. Compléter par Rm 11.32 ; 1 Tm 2.4, etc., et ne pas préjuger d’un rejet eschatologique.
9 Mais vous,q vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière,
q Une nouvelle série d’allusions bibliques attribue à l’Église les titres du peuple élu, en vue de souligner sa relation avec Dieu et sa responsabilité dans le monde, cf. Ap 1.6 ; 5.10 ; 20.6. Cette « race » tirait de son appartenance au Christ une unité qui défiait toute classification, cf. Ga 3.28 ; Ap 5.9 ; etc.
11 Très chers, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs,r à vous abstenir des désirs charnels, qui font la guerre à l’âme.
r La citation du Ps 39.13 revient dans He 11.13 ; elle a dû appartenir à la catéchèse primitive qui regardait la vie chrétienne comme une vie en exil (cf. 1.1, 17 ; Col 3.1-4 ; Ph 3.20).
s L’appartenance à une autre cité, 1.1, ne dégageait pas les chrétiens de toute obligation ici-bas. Leur état de fils de Dieu, citoyens du ciel, leur impose de nombreux devoirs qui leur gagneront l’estime de leurs détracteurs, vv. 12, 15.
13 Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute institution humaine :t soit au roi, comme souverain,
t Ou « toute créature humaine ». Dans les deux versions on sent une opposition à l’idée païenne du souverain divinisé. Toute la suite, 2.13—3.12, s’adressera aux diverses catégories sociales, comme Ep 5.22—6.9 ; Col 3.18—4.1 ; Tt 2.1-10.
16 Agissez en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté un voile sur leur malice, mais en serviteurs de Dieu.
18 Vous les domestiques, soyez soumis à vos maîtres, avec une profonde crainte, non seulement aux bons et aux bienveillants, mais aussi aux difficiles.
19 Car c’est une grâceu que de supporter, par égard pour Dieu, des peines que l’on souffre injustement.
u Add. « auprès de Dieu », cf. v. 20.
21 Or, c’est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffertv pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces,w
v Var. « est mort », cf. 3.18.
w La « grâce » de supporter l’injustice, vv. 19-20, s’appuie sur l’exemple du Christ, cf. Jn 13.15 ; 1 Co 11.1 ; Ph 2.5 ; 2 Th 3.7. Les vv. 21-25, avec leurs réminiscences d’Isa 53, proviennent peut-être d’une hymne. Les chrétiens maltraités doivent se souvenir de Jésus crucifié pour nos péchés, 3.18 ; Ac 2.23, etc., innocent et patient, Lc 23.41 ; Jn 8.46 ; 2 Co 5.21 ; He 4.15.
23 lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice ;
x Var. « vous étiez comme des brebis égarées ». Ces brebis sont maintenant dans le troupeau dont Jésus est le berger, 5.2-4 ; Jn 10, et l’« épiscope », inspecteur ou visiteur, cf. Tt 1.5.